jeudi 26 avril 2012

Le temps passe trop vite...

... ce troisième séjour péruvien se finit demain soir. Je m'occuperai de publier plus tard. En attendant, tout va excellemment bien.

samedi 21 avril 2012

Dans les réserves des musées

Les musées péruviens ont des réserves dont on n'imagine pas la richesse. Des dizaines et des dizaines de mètres linéaires d'étagères où s'empilent les fardos funerarios rapportés des campagnes de fouilles de Julio C. Tello, dans les années 1939-1940, et qui n'ont toujours pas été ouverts, avec dans chacun d'eux, une momie en position foetale enveloppée pour l'éternité.
Des centaines de cases où reposent des crânes Paracas, Nazca ou Inca, certains trépanés une, deux ou cinq fois, certains momifiés gardant la peau sur les os, certains avec encore tous leurs cheveux, certains avec les yeux et la bouche fermés par une épine de cactus.
D'autres salles où reposent des sceptres de bois, des pagaies, des statuettes.
D'autres encore avec des kéros, des vases cérémoniels, des coupes, des huacos, toutes sortes de céramiques.

Tant de choses qui restent encore por investigar. Les archéologues n'ont jamais le temps de publier tout ce qu'ils étudient, et les résultats des fouilles ne sont parfois connus que des décennies plus tard (si ce n'est à titre posthume...). C'est pour cela qu'existent les musées. Pour abriter ces données pour l'éternité, permettre à des chercheurs, un jour, de se mettre à l'ouvrage pour reprendre le travail là où il avait été laissé. Pour conférer aux objets les plus représentatifs un nouveau statut, les métamorphoser en oeuvres d'art, ou en témoins d'une époque, d'une technique. Pour les conserver, les protéger, les restaurer, les exposer, les expliquer.
J'aime marcher dans les réserves et comprendre intimement cela.

jeudi 19 avril 2012

mercredi 18 avril 2012

mardi 17 avril 2012

Les chats de Miraflores

Dans le quartier chic de Miraflores, derrière l'église qui trône au milieu du fameux parque Kennedy, il y a un panneau où est écrit : "Interdit d'abandonner des chats sur la voie publique". C'est donc bien naturellement que ce lieu est devenu le principal endroit pour abandonner son chat. Quelle idée d'installer un tel panneau, vraiment. C'est à se demander comment fonctionne la relation de cause à effet entre l'injonction administrative et l'abandon de chats...

Comme ces chats abandonnés sont légion, et se sont approprié le parc Kennedy où on les voit se promener en permanence, surtout la nuit, ils attirent pas mal de monde : des passants curieux, des amis-des-animaux venus les nourrir, des parents à la recherche d'un animal de compagnie pour leur enfant... 
Avis aux amateurs, grand choix de matous à adopter : des blancs, des noirs, des roux...

Des plaisirs simples de la vie

Ecouter Justin Bieber à la radio en dégustant des anticuchos sur la plaza de armas d'un village paumé, une Inca Kola à la main, ca n'a pas de prix.


Pour information, les anticuchos, ce sont des brochettes de coeur de boeuf mariné dans plein de bonnes choses. Les anticucheras, ces braves femmes, les font cuire à la demande, accompagnées de pommes de terre et parfois, de yapa (en rab), de tripes (à droite sur la photo). Et c'est délicieux !

samedi 7 avril 2012

Solmaforo

Tout comme il existe des semaforos (feux rouges) pour réguler la circulation, il existe des solmaforos pour indiquer le niveau d'exposition aux UV. C'est une invention chilienne assez récente qui commence à se répandre : il y a plusieurs solmaforos à Lima, surtout sur la côte de Miraflores, pour informer les baigneurs et surfeurs.

Ils indiquent le niveau d'exposition aux UV : faible (vert), moyen (orange), élevé (orange), dangereux (rouge) et extrême (violet). Ces jours-ci, le solmaforo est au violet : exposition extrême aux UV... Il est donc déconseillé aux "peaux blanches" de sortir au soleil plus de 15-20 minutes, et aux peaux plus foncées (piel trigüeña) plus de 20-40 minutes.
Les bonnes crèmes solaires ne vont pas à 50, mais au-delà : le niveau de protection dépasse facilement 75, voire 100. Je ne me souviens pas en avoir vu d'aussi fortes en France...

jeudi 5 avril 2012

mercredi 4 avril 2012

Revue de presse

La presse quotidienne au Pérou est assez particulière.
Quelque chose qui manque souvent, c'est une synthèse ou un résumé des épisodes précédents. On a beau trouver les dépêches AFP arides, il faut au moins leur reconnaître une remise en contexte assez claire. Alors que pour un bon nombre d'articles péruviens, il faut avoir suivi tous les rebondissements et connaître le poste de chacun des acteurs mentionnés pour comprendre où en est l'affaire : comme la plupart des histoires (scandales politiques, sexuels...) sont à feuilleton, on compte vraisemblablement sur l'attention quotidienne des lecteurs pour ne pas avoir à rappeler quelle est la situation. Mais il me semble souvent que l'information y perd : il ne s'agit plus d'articles de fond sur une affaire, mais une simple mise en forme journalistique des dernières déclarations, sans commenter leur intérêt, leur signification.

Petit tour d'horizon des nouvelles récentes.

En politique, la grosse affaire du moment, c'est le chuponeo au Callao, le port de Lima. Une sombre affaire d'interceptions téléphoniques révélant diverses affaires de corruption et d'élections truquées. Comme c'est, pour le coup, un véritable feuilleton, je ne sais pas trop depuis combien de temps ca dure et sur quoi ca va déboucher (parmi les personnes mises en cause, il y en a qui étaient déjà bien corrompues au temps de Fujimori et qui sont toujours à de hautes responsabilités...), et il n'est même pas toujours simple de comprendre qui est accusé. Sont-ce les personnes dont les conversations ont été enregistrées, ceux qui les ont appelés (du style un faux fonctionnaire responsable des processus électoraux signalant où en était le dépouillement et dans quelle mesure il était encore possible de faire évoluer les résultats) ou bien encore ceux qui ont commandé ces interceptions pour les faire chanter ?  Ca n'est pas toujours très clair !
Pour ceux que ca intéresse, voici un article sur l'ethique journalistique et ces écoutes télephoniques : le consensus péruvien semble être de dire que si ces écoutes peuvent permettre de révéler des délits et servir d'amorce à une enquête plus approfondie, alors les révéler dans la presse ne pose pas de soucis. Mmm... Ca peut paraître critiquable, mais c'est vrai que s'il fallait attendre que l'enquête démarre toute seule...

Autre affaire, révélé par El Comercio : le premier exportateur d'or du Pérou s'avère être... le Directeur général des hydrocarbures du Minem, le Ministère de l'Energie et des Mines. Fondateur d'une société d'export qu'il gérait avec son frère, Universal Metal Trading, il a fait sortir 20 tonnes d'or en 2011, pour plus de 900 millions de dollars. Qui plus est, cet or proviendrait surtout de zones d'exploitation illégale. Preuve de réactivité du Minem, il a été mis fin à ses fonctions au lendemain de la publication de l'article. La presse a donc, malgré ses défauts, un rôle et un pouvoir réels.
Minería toujours. A La Oroya, une des villes les plus polluée du monde par les métaux lourds et les déchets de l'activité minière, un plan de préservation de l'environnement a été décidé. Oui mais voilà, l'entreprise Doe Run exige 800 millions de dollars pour accepter la mise aux normes... Une sorte de chantage à la restructuration. Comme les entreprises minières sont en situation de force, elles ont tendance à en abuser ; dans ce cas, c'est presque indécent. Perú21 présente les choses de facon intéressantes : il ne se contente pas de présenter le conflit entre l'Etat et l'entreprise minière, mais rappelle que c'est "notre argent" qui est exigé. Un journal soucieux du bien public, voilà qui fait plaisir à lire :)

Les derniers chiffres sur la pauvreté au Pérou ont été publiés la semaine dernière et montrent qu'elle est  en baisse continue, grâce à la croissance forte de ces dernières années. Le niveau de pauvreté est passé de 58% en 2004 à 30% en 2010, si on prend en compte la pauvreté monétaire. Le "panier de la ménagère" de base est estimé, vu les évolutions de consommation, à 260 soles par mois et par personne, c'est-à-dire 75 euros. Les différences géographiques sont encore très marquées : le niveau de pauvreté est de 15% à Lima, 20% en milieu urbain et... 60% en milieu rural. Mais la tendance globale est très nettement à la baisse. Peut-être qu'après tout, le mandat d'Alan García (2006-2011) n'était pas si mauvais, bien au contraire...

lundi 2 avril 2012

De l'influence du climat

C'est encore l'été au Pérou, du moins sur la côte.Il fait 25 degrés le matin, 28 l'aprés-midi, et la température chute á 20 degrés pendant la nuit, avec une différence cependant avec nos étés : l'air est extrêmement humide, ce qui donne une moiteur toute particuliére á l'atmosphére (désolé, je nái pas encore retrouvé l'accent grave).
Une importante conséquence de ce climat, c'est la faible séparation entre extérieur et intérieur.

Cela se ressent dans l'architecture : les maisons n'ont pas besoin d'isolation, puisqu'il ne pleut pas et qu'il ne fait pas trés froid en hiver. Du coup, les fenêtres sont légéres, coulissent au lieu de fermer vraiment, il y a beaucoup de grilles... Puisque les constructions sont peu soumises aux normes d'isolation, il est beaucoup plus facile de bricoler soi-même, de rajouter une piéce, un étage, avec un peu de briques ou quelques tôles. Le côté anarchique et inachevé de pas mal de constructions en témoigne. L'intérieur des maisons est souvent plus frais et plus sombre qu'au dehors, mais sans jamais en être complétement coupé.

 Cela se ressent aussi dans la facon de s'habiller : puisqu'il fait chaud de facon tres stable, et que la température ne varie pas beaucoup d'un lieu a un autre, pas besoin de s'abriter, de se couvrir pour sortir ; un polo ou une chemisette suffisent (du moins pour ceux dont le travail n'impose pas de tenue particuliére). Mais en dehors du travail, on peut se promener dans la rue sans trop se changer, il y a une grande porosité vestimentaire entre intérieur et extérieur. Concretement, on croise beaucoup de personnes que l'on dirait en pyjama...

 Dans la rue, on ne fait pas que circuler, on y vit aussi. Certaines professions y vivent á l'année, toute la journée : vendeurs ambulants de glaces ou de mille petits autres trucs, policiers, agents de sécurité (guachimán) kiosquiers, et bien sûr tout le personnel du transport public. Pour le reste, tout le monde y passe fréquemment : nombreux sont ceux qui mettent plusieurs heures chaque jour pour aller á leur travail, ou tout simplement qui passent du temps dans la rue. On croise des collégiens en uniforme, des hôtesses d'accueil rentrant chez elles, des jeunes qui se retrouvent pour latear (traîner dans la rue), des amoureux, des retraités, des mamás qui font les courses, des gens qui font changer leurs sols en dollars ou inversement.

Les photos suivront.

Retour au Pérou

Un an au Pérou, en échange universitaire, en 2007-2008.
Deux mois en stage au Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire, en 2009.
Le troisiéme séjour au Pérou sera d'un mois, et en vacances cette fois.

Arrivé depuis trois jours, le rythme revient progressivement et les souvenirs remontent á la surface : l'espagnol et la jerga limeña, l'humidité de l'air, le parcours des micros et combis, les avenues de Lima, les attentes... Je pense donc en profiter pour reprendre la publication trop longtemps interrompue !