vendredi 29 juillet 2011

Ollanta Humala, nouveau président du Pérou

Si se pudo. Ollanta Humala a prêté serment hier, 28 juillet, jour de fête nationale, succédant ainsi à Alan Garcia.
"Je jure sur la patrie que j'exercerai fidèlement la charge de président de la République que la nation m'a confiée pour la période présidentielle 2011-2016 ; que je défendrai la souveraineté nationale, l'ordre constitutionnel et l'intégrité physique et morale de la République et de ses institutions démocratiques, en honorant l'esprit, les principes et les valeurs de la Constitution de 1979".

La déclaration a provoqué une micro-polémique, puisque la Constitution en vigueur est celle de Fujimori de 1993, et non plus celle de 1979... Petite pique à l'égard de son adversaire politique, Keiko ? Les parlementaires fujimoristes ont crié à l'inconstitutionnalité du serment et les déclarations d'interprétation des politiques de tous bords se sont multiplié pendant la journée. C'est un problème du Pérou : l'Etat de droit y est malgré tout assez peu développé, et l'autorité des textes est affaiblie par les pratiques politiques. Du coup, l'opinion des juristes, ou même du président du Tribunal constitutionnel, ne pèse guère.
Sur le fond cela ne change rien, et même si Hugo Chavez s'est empressé d'envoyer ses félicitations, le programme d'Humala n'a rien de révolutionnaire. Il s'est engagé à respecter la stabilité juridique, à défendre les libertés et la sécurité, à créer un Conseil économique et social pour suivre la mise en oeuvre des politiques publiques, à augmenter le salaire minimum de 10% pour le porter à 750 sols, soit environ 190 euros, à faire bénéficier les foyers pauvres de plus de 65 ans d'une sorte de minimum vieillesse de 250 sols, soit 64 euros par mois, et pour lutter contre le narcotrafic, à réduire les surfaces cultivées de coca et à ne pas légaliser les drogues.
Le discours général est de construire "un Pérou pour tous", inclusif et redistributif. Plein de bonnes choses (il cite lui-même : "reforma, democracia, libertades, inclusion, redistribucion, crecimiento, paz con justicia, seguridad, descentralizacion, transparencia, soberania y concertacion" : qui pourrait s'y opposer ?). Il a également critiqué un Etat qui souffre du mal des montagnes, le soroche, et peine à protéger ses citoyens. Jolie formule ! Pour le reste, il faudra attendre de voir les réalisations du gouvernement, je ne sais pas ce que ça pourra donner.

En attendant, Alan Garcia a quitté le pouvoir et rendu son écharpe au chef du Palacio de Gobierno, dont il est sorti avec tout son gouvernement pour assister au Te Deum dans la cathédrale, au son des 21 coups de canon protocolaires. Et aujourd'hui, Humala préside le défilé militaire.

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