mardi 29 juin 2010

Louis Dalle, entre Aubrac et Pérou

Au détour d'un chemin sur le plateau de l'Aubrac, où l'on trouve habituellement plus de vaches que d'habitants, on peut aussi retrouver des évocations du Pérou, si si. 
Louis Dalle, 13e d'une famille de 15 enfants, déporté à Buchenwald du 15 septembre 1944 au 16 avril 1945. "J'ai tellement souffert que je ne puis supporter de voir souffrir les autres"... Missionnaire et évêque au Pérou du 14 février 1948 au 9 mai 1982, indien avec les indiens.

Voici ce qui est écrit à côté de sa maison natale :

"Sur cette haute terre de l'Aubrac, au hameau de Finieyrols, est né le 27 avril 1922, Louis DALLE PERIER. Issu d'une famille paysanne de 15 enfants, ce petit berger n'avait pas froid aux yeux et rêvait d'être missionnaire. Durant la deuxième guerre mondiale, il vivra l'enfer de Buchenwald, il se distingue par son don de lui auprès de ses frères de souffrance. Il n'en survit que par miracle. De cette période il écrira : 'C'est une grâce de revenir de Buchenwald... Une plus grande d'y être entré...'
A partir de 1947, cet homme libre consacrera sa vie à défendre le peuple andin, au Pérou, contre le mensonge et l'injustice. Les dix dernières années de sa vie, il sera l'évêque d'Ayaviri, le diocèse le plus haut du monde à 4000 mètres d'altitude.
Il décèdera le 9 mai 1982 dans un accident d'autocar. Sur sa tombe est inscrit en quechua son cri d'espérance : 'Allpanchis Phuturinga', qui veut dire : 'Notre terre donnera ses fruits'.

Pour se procurer le livre Louis Dalle, un homme libre, écrire à M. Frédéric Hermet, 141 Cours du Docteur Long, 69 003 Lyon. Prix : 20 euros.

dimanche 6 juin 2010

La Casona de San Marcos

L'université nationale majeure de San Marcos (UNMSM), fondée par les Dominicains à en 1551, est la doyenne des Amériques. Parmi ses locaux historiques, on compte la quatre fois centenaire Casona de San Marcos, dans le centre de Lima, qui est aujourd'hui le Centre culturel de l'université.
La Casona est en fait un ancien noviciat jésuite, fondé en 1605 et reconstruit après le tremblement de terre de 1746. Les Jésuites ont été expulsés du Pérou en 1767, mais la Casona a continué à être un lieu d'enseignement, avant d'être intégrée à la San Marcos. Elle conserve l'architecture typique du Vice-Royaume, avec les balustrades et les colonnes de bois de ses cinq cours intérieures : patio de Letras, patio de Ciencias, patio de Derecho...
Le Salon de Grados est une ancienne chapelle dont le plafond est entièrement peint, dans un style très particulier, et consacré à la Vierge Marie. Aujourd'hui, c'est là que se réalisent les remises de diplôme les plus prestigieuses et les titres de docteur honoris causa. Contrairement à la France où l'on fête davantage la réussite aux concours et donc l'entrée dans une grande école, au Pérou comme dans le système américain, c'est la fin des études, et la cérémonie de graduacion qui comptent. Les familles qui tiennent absolument à immortaliser l'instant dans le Salon de Grados doivent dépenser pas mal pour cela...
L'amphithéâtre où DSK répondait aux questions des étudiants (vidéo de l'article précédent) a une importance historique particulière. Il rappelle que l'université était un foyer intellectuel, et a contribué à l'indépendance du pays ; et pendant la guerre du Pacifique, les troupes chiliennes qui occupaient Lima en 1881-1883 y ont stationné leurs troupes, l'amphithéâtre se transformant en écurie...

jeudi 3 juin 2010

DSK au Pérou

Mon ancien prof d'économie était la semaine dernière en tournée en Amérique Latine, et est passé par le Pérou. A cette occasion, France 2 lui consacre un panégyrique ainsi résumé par Télérama : 

"Il est beau. Elégant. Il est intelligent. Suprêmement intelligent. Il est désintéressé. D'une générosité sans limite. Il est gentil, aimable, souriant, affable. Il est modeste. Il est amoureux. Eperdument amoureux. Fidèle depuis toujours et à jamais. A lui seul, il est capable de faire changer le cours de la drachme et des planètes. Lui, c'est Dominique Strauss-Kahn tel que le journal de France 2 le présentait hier soir."

Le reportage est quand même l'occasion de voir quelques images du Pérou : le francophile Alan Garcia qui lui fait visiter le Palacio de Gobierno en plaisantant, les petites vieilles de la Plaza de Armas, et le centre culturel de l'université San Marcos. Tiens, ça me donne une idée pour le prochain article...
Le reportage indique que les Péruviens avaient "manifesté en masse contre le FMI" il y a "quelques années", ça ne peut être que pendant le premier gouvernement du même Alan Garcia. Je viens de mettre le nez sur son discours à l'ONU en 1985, du temps où il était anti-impérialiste et ne connaissait rien à l'économie il s'emporte en long, en large et en travers contre le FMI et la domination des Etats-Unis    :)