mercredi 25 novembre 2009

Les sept princes de Tiripetio, et les Archanges dans la peinture de l'école de Cuzco

Le grand prieuré de Tiripetio, fondé en 1538 dans l'Etat du Michoacan (Ouest du Mexique), était le principal centre Augustinien de la région, avec un séminaire, un collège et une église baroque (c'est aujourd'hui devenu un centre culturel). Parmi les trésors qu'il conserve, plusieurs peintures de l'école de Cuzco ont été offertes par un collectionneur péruvien. L'école de Cuzco est connue pour ses tableaux religieux rehaussés de dorures, portraits de la Vierge ou des archanges, en particulier de Saint Michel ; les personnages sont souvent statiques, parfois armés d'arquebuses ou d'épées, richement vêtus de costumes du Vice-Royaume du Pérou, ce moment virreinal que l'on traduit imparfaitement en français ou anglais par colonial. Un de ces tableaux, connu sous le nom des "Sept princes", est lié au culte de Notre-Dame des Anges.


Chacun des archanges aux traits fins, presque efféminés, porte des vêtements brodés et dorés ; leur nom est écrit sur leur auréole : San Rafael, Uriel, San Gabriel, San Michel, Seatiel, Jeremiel et Barachiel. Au centre, Saint Michel tient la bannière rouge de la victoire, tandis que le soleil couchant éclaire les Andes.


Les collections de Tiripetio conservent deux autres portraits de la même série : un Saint Raphaël coiffé d'un chapeau à plumes à large bords, vêtu d'un manteau de brocart, une hallebarde à la main, et un Saint Michel, armé d'une épée flamboyante, lutte contre Satan qui le saisit à la jambe.

Les archanges, messagers de Dieu, sont les chefs des légions célestes. Ils ont été très fréquemment représentés dans la peinture andine du XVI-XVIIe siècle, sans doute, pour ce que j'en sais, parce que c'est sur eux que reposait la victoire du Bien contre le Mal, et qu'ils étaient donc des modèles pour l'évangélisation. Ainsi, les indigènes n'avaient pas le droit de porter d'armes dans le Vice-Royaume, excepté pour la fête de la Saint-Michel.

Adapté d'un article du site colonial mexico.

mercredi 18 novembre 2009

Exposition de photo Miradas cruzadas, à Lima

En août 2008, j'avais répondu au mail d'une diplômée de l'Ecole nationale de la photo d'Arles qui réalisait un projet au Pérou sur les sites archéologiques abandonnés, les ruines... et lui avais demandé de me tenir au courant de ses travaux. Elle m'avait répondu d'être patient.
Je viens donc de recevoir une invitation au vernissage de l'exposition "Miradas cruzadas" à Lima, échange croisé entre Arles et le Pérou, où se mêlent Talleres SNCF 2008 du Péruvien Ricardo Yui, sur la restauration d'un atelier de la SNCF, et Pachacuti de la Française Faustine Ferhmin, dont voici la présentation :
"Des formes qui se défont, des architectures qui se laissent recouvrir par la terre, la pierre, jusqu’à se confondre avec le paysage : Ruines. Pas de ces ruines élégantes qui offrent un miroir à la mélancolie du voyageur – mais des vestiges abrupts, qui sont déjà hors de l’histoire, et font signe vers un avant plus archaïque que les civilisations dont elles sont les traces. Paysages de l’entre-deux, où formes artificielles et formes naturelles se confondent, se recouvrent l’une l’autre, semblent s’imiter mutuellement."


Sur la photo de droite, j'ai tout de suite reconnu (on ne se refait pas) une des pyramides à rampe de Pachacamac, avec cette pierre qui saigne rouge au bord du chemin. L'image m'avait marqué, j'avais aussi pris une photo de cet endroit en 2007... Je viens de remettre la main dessus, et c'est amusant : la vue n'est pas si différente... on reconnait quand même la photo de vrai photographe ci-dessus :)


Vous trouverez plus d'explications sur Pachacuti et d'autres photos sur son site ; il y en a de très belles. Miradas cruzadas, présenté dans le cadre de la VIIe édition de Mirafoto, a lieu du 17 novembre au 3 décembre. Pour ceux qui sont à Lima, c'est à la galerie "El Ojo Ajeno", au Centro de la Imagen, Avenida 29 de Julio 815, Miraflores.

vendredi 13 novembre 2009

Menu Marino

En manque d'inspiration pour le déjeuner ? Voici comment réaliser tout simplement un délicieux menu marino péruvien : en entrée, choritos a la chalaca, ou moules à la façon du Callao. Tout simplement délicieux.

Et en plat principal, chicharron mixto, avec calamars et fruits de mer, accompagnés de yuca frita (un don de los Dioses, la yuquita), d'une salade d'oignons et de force mayonesa.




La recette des choritos a la chalaca pour 3 personnes :

Cuire 12 moules dans du vin blanc avec un brin de persil, une gousse d'ail et un demi oignon.
Une fois les moules ouvertes, les retirer de la cuisson, et les séparer de leurs coquilles.
Mélanger les moules avec un oignon, deux tomates et un petit piment rouge coupés en morceaux, et citronner allègrement.
Y rajouter du maïs cuit et un peu de persil, assaisonner, et en remplir les coquilles.
Servir frais avec une bonne bière :)

jeudi 5 novembre 2009

L'or sacré des Incas

Exposition itinérante, créée pour la foire internationale de Caen 2008, l'or sacré des Incas était visible à l'hôtel de ville de Puteaux le mois dernier, puis le sera à Rouen (avril 2010) et Saint Brieux (septembre 2010).

Je précise tout de suite que lorsqu'une exposition accole "or" et "inca", c'est souvent une grosse ficelle marketing pour parler des cultures préhispaniques du Pérou parmi lesquelles les Incas ne représenteront qu'une petite partie (et leur or, il faudra bien le chercher)... Je me souviens avec émotion de la Doctora Gabriela, l'inamovible conservateur des métaux du Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire, qui ronchonnait : "l'administratrice veut me faire signer le prêt d'oeuvres pour l'exposition au Japon... sur l'or des Incas ! Mais c'est inadmissible ! C'est des pièces Chimu et Mochica qui partent, je veux bien dire que c'est de l'or, que c'est andin, que c'est Chimu, mais pas laisser passer des idioties pareilles ! Ils racontent n'importe quoi !"
Même si l'on ne voit rien de l'or sacré des Incas, l'exposition est quand même très distrayante, intéressante, didactique, et au final assez bien fournie. Une présentation générale du Pérou ; une exposition photo sur la région de Cuzco, un grand classique ; le parcours d'un couple qui a marché plusieurs milliers de kilomètres le long du Qhapac Ñan, le grand chemin inca, pour "sensibiliser l'opinion à la préservation de ce monument", assorti de vidéos tournées par eux, sur leur état d'esprit tout au long de la marche ; une reconstitution de la salle d'attente et de la gare de Cuzco ; de nombreuses reproductions d'objets archéologiques (masques funéraires, statues, bijoux, mannequins...) ; et une immense tente sous laquelle se retrouvent, pêle-même, la tente d'Hiram Bingham, une reconstitution de la tombe du Señor de Sipan, une maquette du Machu Picchu, un mini monolithe Lanzon, des momies incas dans leur malle de voyage, et le fameux Rascar Capac, le tout dans la pénombre, au milieu des bruissements des palmiers et des cris inquiétants de la forêt amazonienne.
L'ambiance générale est donc sympathique, malgré le côté pèle-mêle, et donne facilement à voir sur de nombreux aspects du Pérou touristique. A recommander, donc, à nos amis Rouennais et Briochains.

mardi 3 novembre 2009

La momie de Rascar Capac

"Le jour où, dans un éclair éblouissant, Rascar Capac aura déchaîné sur lui-même le feu purificateur et sera retourné à son élément primitif, ce jour-là sonnera pour les impies l’heure du châtiment"...

La momie dont Hergé s'inspira pour Rascar Capac est une momie de la civilisation Paracas, ramenée en Belgique vers 1840, et cédée au Musée National d'Histoire Naturelle de Bruxelles en 1935. Elle a déjà été montrée plusieurs fois en Belgique pour des expositions sur "L'or des incas" (1990') ou "Au Pérou avec Tintin" (2003).

Oui, mais... il y en a une autre en circulation, avec les parures et les bracelets Incas d'Hergé, celle-là. Peut-être pas aussi vraie, mais bien impressionnante... Je vous présente donc la momie de Rascar Capac, croisée ce week-end !





Pour les tintinophiles, la biographie du professeur Bergamotte, membre de l'expédition Sanders - Hardmuth, est disponible ici. Je vous raconterai bientôt où j'ai rencontré cette momie.

Ca finira mal toute cette histoire, vous verrez.... Cette histoire de momies... Souvenez-vous de Tout-Ankh-Amon... Songez à tous les égyptologues qui sont morts mystérieusement après avoir ouvert le tombeau de ce Pharaon... Vous verez, la même chose arrivera à ceux qui ont violé la sépulture de cet Inca. Aussi, pourquoi ne laisse-t-on pas ces gens tranquilles ? ... Que dirions-nous si les Egyptiens ou les Péruviens venaient, chez nous, ouvrir les tombeaux de nos rois ? ... Hein, que dirions-nous ?