Le grand prieuré de Tiripetio, fondé en 1538 dans l'Etat du Michoacan (Ouest du Mexique), était le principal centre Augustinien de la région, avec un séminaire, un collège et une église baroque (c'est aujourd'hui devenu un centre culturel). Parmi les trésors qu'il conserve, plusieurs peintures de l'école de Cuzco ont été offertes par un collectionneur péruvien. L'école de Cuzco est connue pour ses tableaux religieux rehaussés de dorures, portraits de la Vierge ou des archanges, en particulier de Saint Michel ; les personnages sont souvent statiques, parfois armés d'arquebuses ou d'épées, richement vêtus de costumes du Vice-Royaume du Pérou, ce moment virreinal que l'on traduit imparfaitement en français ou anglais par colonial. Un de ces tableaux, connu sous le nom des "Sept princes", est lié au culte de Notre-Dame des Anges.
Chacun des archanges aux traits fins, presque efféminés, porte des vêtements brodés et dorés ; leur nom est écrit sur leur auréole : San Rafael, Uriel, San Gabriel, San Michel, Seatiel, Jeremiel et Barachiel. Au centre, Saint Michel tient la bannière rouge de la victoire, tandis que le soleil couchant éclaire les Andes.
Les collections de Tiripetio conservent deux autres portraits de la même série : un Saint Raphaël coiffé d'un chapeau à plumes à large bords, vêtu d'un manteau de brocart, une hallebarde à la main, et un Saint Michel, armé d'une épée flamboyante, lutte contre Satan qui le saisit à la jambe.
Les archanges, messagers de Dieu, sont les chefs des légions célestes. Ils ont été très fréquemment représentés dans la peinture andine du XVI-XVIIe siècle, sans doute, pour ce que j'en sais, parce que c'est sur eux que reposait la victoire du Bien contre le Mal, et qu'ils étaient donc des modèles pour l'évangélisation. Ainsi, les indigènes n'avaient pas le droit de porter d'armes dans le Vice-Royaume, excepté pour la fête de la Saint-Michel.
Adapté d'un article du site colonial mexico.
Adapté d'un article du site colonial mexico.











