vendredi 31 juillet 2009

Quand Alan García va au musée...

- il arrive sans prévenir
- il reste moins de vingt minutes
- il est entouré d'un aréopage de courtisans et gardes du corps
- il se fait plus prendre en photo qu'il ne regarde les vitrines
- il domine tout le monde d'une tête
- quand il prend la parole, tout le monde se tait
- en sortant, il n'oublie pas de faire une petite déclaration pour la télé

Pas de doute, c'est un vrai politique :)

En sortant d'un office évangélique en l'honneur du Pérou, sur l'avenue Brasil toute proche, le Président de la République est donc venu visiter l'exposition temporaire "Perú, Independencia e Historia", inaugurée la semaine dernière. Il n'a fait que passer, mais cela a suffit pour bouleverser tout le monde. Arrivant à l'improviste, il a demandé son chemin au vendeur de billets, qui l'a guidé le temps qu'arrive le directeur. Le pauvre homme en était encore tout ému ; comme s'il avait vu le roi, et qu'il pouvait mourir heureux en ayant un motif de gloire auprès de ses enfants. Il est vrai que, du haut de son mètre quatre-vingt-treize, et du large de sa bedaine, Alan García garde toujours quelque chose d'imposant.
Un petit bout de l'équipe du musée, le soir de l'inauguration... en attendant que je trouve des photos d'Alan, n'ayant pas réussi à en prendre aujourd'hui (mais il était tout près !).

jeudi 30 juillet 2009

L'indépendance du Pérou

La fête nationale du Pérou est officiellement célébrée sur deux jours (le 28 et 29 juillet) et commémore la proclamation de l'Indépendance, le 28 juillet 1821, par le général argentin José de San Martín. Le vice-royaume du Pérou, qui comprenait quasiment toute l'Amérique du Sud, faisait jusque là partie de la couronne espagnole, et était administré, depuis 1542, par un Vice-Roi.
L'Indépendance est le grand morceau de l'historiographie péruvienne, complexe, débattu, sujet à de nombreuses controverses. Pour faire simple, alors que le 40e et dernier Vice-roi du Pérou, La Serna, quitte Lima pour le Callao puis la sierra, El Libertador San Martín entre dans Lima et proclame : "Le Pérou est, à partir de ce moment, libre et indépendant par la volonté générale des peuples, et par la justice de sa cause que Dieu défend. ¡Viva la patria! ¡Viva la libertad! ¡Viva la independencia!"
Le célèbre tableau "San Martín proclamant l'Indépendance du Pérou face à la multitude réunie sur la place d'armes de Lima", de Juan Lepiani, est actuellement conservé dans l'auditorium du Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire du Pérou, qui fut la résidence des deux derniers vice-rois du Pérou, puis des Libertadores San Martín et Bolívar.

Il faudra attendre 1824 pour voir la défaite finale des royalistes, défenseurs de l'indivisibilité de l'Espagne, face aux patriotes, partisans de l'indépendance, lors de la bataille d'Ayacucho.

dimanche 26 juillet 2009

Ayacucho

Fuyant les embouteillages liméniens, je pars à Ayacucho pour les Fiestas Patrias... A bientôt !


¡Crazy Combi!

Début juin, un nouveau petit jeu est apparu sur Facebook ; une de ces petites applications toutes bêtes, pour se détendre 5 minutes, qui ne casse pas trois pates à un lama. En l'occurrence, il s'agit de l'adaptation péruvienne de Crazy Taxi, modifiée pour donner Crazy Combi : au volant d'un combi, on cherche à éviter les autres véhicules en ziz-zaguant ou en sautant, pour parcourir le trajet en un temps limité et de plus en plus court à chaque tour de piste. L'originalité, c'est que la musique, le nom des paliers, les voix, sont 100% péruviens : le parcours est ainsi ponctué de ces célèbres "al fondo hay sitio" qui font le remplissage des combis...

C'est tout bête, mais ce jeu-ci connaît un succès foudroyant. Au bout de neuf jours, 300 000 personnes y jouaient plus d'une demie-heure par jour. Depuis, le succès ne s'est pas démenti ; on peut même voir son classement par rapport à ses contacts.

L'inventivité péruvienne a réussi à trouver en quelques semaines à peine comment utiliser ce succès : le jeu est désormais introduit par l'ISIL, l'institut Saint Ignace de Loyola, et un avion portant la bannière de l'ISIL traverse le ciel de temps à autre...

Personnellement, je suis à 62 000 points :)

jeudi 23 juillet 2009

De l'impact du Niño sur le climat péruvien

Le climat se dérègle, ma bonne dame. Depuis bien des années, on n'avait pas vu une pluie pareille à Lima. Mais oui, de la pluie ! Il faut dire qu'il existe très peu de goutières (tout comme de radiateurs) à Lima, dont le climat est d'une grande stabilité : gris et tiède pendant la moitié de l'année que l'on appelle hiver, chaud et... gris, avec quelques percées de soleil pendant l'autre moitié que l'on appelle été (de novembre à avril). La pluviométrie, en moyenne, ne dépasse pas les 3 ou 4 jours par an.
Eh bien on vient de les vivre en continu, ces jours de pluie. Les Liméniens en sont tous surpris, faute d'habitude ; il paraît qu'il n'avait pas eu de pluie aussi persistante depuis 1970. En même temps, ca reste plus léger qu'un crachin breton...

Il faudrait que certaines conditions se maintiennent jusqu'en octobre pour qu'on puisse commencer à parler de Niño (il n'y a que 20% de probabilité pour que ce soit le cas), mais n'empêche, on s'y prépare, étant donné l'étendue des dégâts qu'il pourrait provoquer d'ici 2010. Il paraît que les gouvernements ont déjà joué le coup de l'alerte au (faux) niño pour débloquer des crédits à des entreprises amies, dans les dernières années.
En attendant, les jardins du Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire du Pérou prennent, sous l'ondée hivernale, une toute autre allure...

mardi 21 juillet 2009

La Feria de la Agrobiodiversidad

L'INIA (Instituto Nacional de Innovación Agraria) organise tous les ans la Feria de la Agrobiodiversidad, une foire où les producteurs viennent exposer leurs maïs, pommes de terre, haricots, fèves, etc. Admirez la taille de ces citrons, et la diversité de ces maïs...
Bienvenue au Pérou !

L'INIA est l'organisme chargé de la stratégie nationale d'innovation agraire (sélection génétique, amélioration des espèces animales et végétales) dans les différentes "zones agroécologiques" du Pérou.

Dans les limites de son faible budget, l'INIA organise ce que souhaiteraient faire toutes ces ONG qui cherchent à réinventer l'eau tiède : améliorer les cultures d'un groupe de paysans pour leur permettre de se développer. C'est évident formulé dans cet inimitable style administratif péruvien, qui peut donner par exemple :

"Production de Kiwicha et son apport à la sécurité alimentaire et à l'augmentation des revenus de la population de Paruro, Cusco" (c'est le titre). La kiwicha est une plante violette des Andes, connue en francais sous le nom d'Amarante queue de renard.

Buts et objectifs :
"Obtenir l'utilisation d'une variété commerciale dans les conditions agroécologiques de la province de Paruro, en diversifiant les cultures grâce à des espèces hautement nutritives qui contribuent substantiellement à réduire les niveaux de malnutrition infantile par des programmes d'appui social et son usage dans l'alimentation familiale, en plus d'obtenir des revenus économiques en commercialisant les excédents de la production pour supporter les charges qui pèsent sur la famille" (j'ai respecté la formulation et la ponctuation).
Plusieurs dizaines de projets sont ainsi menés, sur plusieurs années, dans diverses régions. Les travaux de l'INIA ont déjà conduit à la création génétique de nombreuses espèces de maïs, fèves ou cochons d'Inde.
De Tarapoto, sus productos

C'est de la selva que viennent les fruits les plus étranges et bons pour la santé à la fois. On répète à l'envie leur composition en vitamines et oligo-éléments, on liste les maladies qu'ils éloignent, on souligne leur caractère naturel, dans un curieux discours pseudo-scientifique. Il y a par exemple le camu-camu, petit fruit rouge qui contient 2700 mg de vitamine C pour 100 grammes (citron = 80 mg, orange = 50 mg...), qui permet d'échapper au scorbut ou à la grippe H1N1, et de désintoxiquer le foie, entre mille autres vertus. La créativité règne du côté des dérivés : d'un fruit aux effets bénéfiques, on pourra en tirer de la confiture, du sirop, du yahourt, des pastilles, des bonbons...

On vend également les puissants aphrodisiaques d'Iquitos : le Levanta Lazaro, le fameux Rompe Calzón (RC), l'Achuni Ullo, l'Uvachado, le Siete Veces Sin Sacar (SVSS), le Viagra Sexual Natural (VSN)...

dimanche 19 juillet 2009

Ollanta Humala à Paris


En une de "Correo", il y a trois jours : "Ollanta flirte avec les radicaux européens". Le leader du Parti nationaliste péruvien vient de passer plusieurs jours à Strasbourg, où il a rencontré les représentants des Verts européens, de la Gauche unie européenne (Mélanchon !) et du Parti socialiste europén.

Il devait aussi rencontrer Eric Besson, mais je ne suis pas sûr que cela ait pu se faire. A Paris, il a participé à une conférence organisée par ATTAC à la Maison de l'Amérique latine, introduit par le directeur du Monde diplomatique.
Pour comprendre l'importance de ce déplacement, il faut se rappeler qu'Humala est le candidat malheureux des présidentielles de 2006, qui sont aux Péruviens notre 21 avril à nous.


Dans le rôle de Chirac, Alan García, déjà président de 1985 à 1990 et qui avait littéralement ruiné le pays. Dans le rôle de Le Pen, Ollanta Humala, capitaine à la retraite, fils d'un ancien dirigeant communiste fondateur du mouvement "ethnocacériste" dont il a repris l'idéologie. L'ethnocacérisme, c'est une sorte d'évocation mythifiée du passé inca, assaisonnée de militarisme et saupoudrée de nationalisme ethnique. Cela implique de remplacer les "élites créoles et asiatiques" au pouvoir, de donner la suprématie à la "race cuivrée" et aux métisses, de nationaliser l'industrie péruvienne en luttant contre les investissements étrangers (chiliens en particulier), de rétablir la peine de mort pour trahison à la patrie en cas de guerre, etc. Alan a donc été élu.

Le mouvement ethnocacériste est principalement composé de réservistes, mais grâce au soutien du Vénézuela, il réussit à toucher les secteurs les plus pauvres de la population : il existe des programmes "bolivariens" d'aide médicale, de distribution de nourriture..., qui assurent le soutien électoral. Par exemple, lors du tremblement de terre de 2007 il y a eu toute une histoire à propos de boites de thon distribuées hors des circuits officiels de l'aide humanitaire, sur lesquels il y avait la photo de Chávez et Humala... Vous saisissez? Bien sûr, le Vénézuéla et le Parti nationaliste péruvien ont toujours nié le moindre financement d'activités au Pérou.
Dans la ligne diplomatique du Pérou, il y a des pays dont on se méfie. Il s'agit de l'axe vénézolano-cubain (Castro et Chávez) ainsi que de ses satellites : la Bolivie (Morales), l'Equateur (Correa), le Nicaragua (Ortega). La traditionnelle rivalité avec le Chili s'en estomperait presque.
Au niveau interne, depuis 2006, plusieurs rapports et alertes ont été publiés sur la "pénétration bolivarienne", à savoir l'influence vénézuélienne sous couvert de "l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique" (les Casas del ALBA et Maisons de l'Amitié péruano-vénézuélienne), du "Congrès bolivarien des peuples" ou de l'appui financier et politique du Vénézuéla à certains politiques, comme le président du département de Puno.
Le "socialisme du XXIe siècle" est en marche... mais a bien du mal à se faire accepter au Pérou.

samedi 18 juillet 2009

Pachacamac

vendredi 17 juillet 2009

Huachuafo

Huachafo est un mot très péruvien qui pourrait se traduire par un sentiment de recul face au mauvais goût violemment exprimé. Cette horloge sur fond de vieux dessin de chutes d'eau, avec le divino niño multicolore rayonnant par-dessus quand on la branche sur le secteur, par exemple, c'est huachafo.

jeudi 16 juillet 2009

La residencia de Francia

La Résidence de l'Ambassadeur...


Juste en face du Golf Club de Lima

Une célèbre ambassade de Lima (située sur l'Avenida Javier Prado) mais dont je doute de l'accréditation.

mercredi 15 juillet 2009

Le 14 juillet au Pérou

Pour le 14 juillet, on m'a chaleureusement souhaité une bonne fête, pour "l'anniversaire de la France". Et, comme tout Francais, j'ai été invité à la Résidence de France, la splendide résidence
de Madame l'Ambassadeur, à San Isidro, juste à côté du Golf Club de
Lima. Una casooona avec piscine et immense
jardin, décorée à la francaise avec des tapisseries aux murs. Le jardin était tout plein de Francais (et de Péruviens), la nourriture et la boisson en sont vite venus à manquer. Dur, dur, de jouer les pique-assiettes au Pérou...
J'ai eu l'heureuse surprise de croiser le Doctor Makowski, avec
qui je vais aller fouiller à Pachacamac ce week-en
d. Small world, comme on dit ;)



dimanche 12 juillet 2009

Barrio Chino de Lima

Barrio Chino de Lima.
Posted by Francois Rambaud
Grâce à l'immigration chinoise et japonaise, depuis la seconde moitié du XIX, Lima possède bien évidemment un "barrio chino"... et une cuisine sino-péruvienne particulière et réputée, que l'on appelle Chifa. L'arc d'entrée au quartier chinois a été inauguré en 1971.

A propos de Bagua

J'apprends qu'Amnesty International Espagne vient de s'excuser auprès du gouvernement péruvien pour s'être prononcé sur les événements de Bagua (les affrontements entre policiers et nativos) en s'appuyant sur des "informations incomplètes" : ils ignoraient que plusieurs policiers avaient été torturés et assassinés, et que "certains politiques radicaux" avaient propagé auprès des indigènes l'idée qu'on allait leur prendre leurs terres, ce qui engendra le conflit. Amnesty qui s'excuse : voilà sans doute le résultat de l'opération diplomatique lancée par le Pérou pour redorer son blason...

Plus généralement, les différents rapports d'Amesty, de la Defensoría del Pueblo et de la Croix rouge ont levé les doutes sur certaines versions un peu extrémistes, promptes à voir un "génocide des indigènes" ou du moins un "massacre" commis par l'armée. La Defensoría del Pueblo, organe créé en 1993, a réalisé un bon rapport disponible sur son site (photo de gauche : Beatriz Merino, Défenseur du Peuple). On y rappelle le contexte, le bilan -33 morts, dont 23 policiers (torturés et décapités pour certains), 5 habitants de Bagua et 5 indigènes- et les actions entreprises par la Defensoría, qui a été vérifier dans chaque communauté indigène si les manifestants étaient bien rentrés chez eux.

samedi 11 juillet 2009

Les archipels du Pérou

L'anthropologie andine a développé, depuis les années 1970, un intéressant concept pour étudier l'économie inca : il s'agit du modèle d'archipel vertical. Tout commence avec John Murra, un anthropologue américain d'origine roumaine qui publie en 1972 un article sur "Le contrôle vertical d'un maximum d'étages écologiques dans les sociétés andines". L'idée générale est que les sociétés andines ont établi des colonies dans différentes zones écologiques assez distantes, afin d'accéder aux biens et produits agricoles qui y étaient cultivés. Ainsi, elles pouvaient diversifier leur consommation sans s'engager dans le commerce avec d'autres groupes, et obtenir des ressources complémentaires tout en préservant leur auto-suffisance économique. Le fonctionnement de cet archipel vertical n'implique pas la possession des terres intermédiaires, mais simplement le contrôle d'îles de ressources gérées par des colonies chargées d'approvisionner le centre. Ce modèle permet d'expliquer la réussite de sociétés vivant dans des environnements hostiles, mais aussi d'étudier le fonctionnement des échanges en l'absence de marché.

Le concept a été l'un des plus commenté, critiqué et corrigé durant ces dernières décennies. Preuve de son succès, il a même été adopté par d'autres disciplines (pour étudier les réseaux culturels de la littérature en langues indigènes, la diffusion de l'avant-guarde latino-américaine...). Ulises Zevallos-Aguilar utilise le concept d'archipel culturel andin pour étudier les migrations de Péruviens aux Etats-Unis : le modèle d'archipel permet d'identifier les îles où se concentre la culture andine (New York, New Jersey, Floride, Californie), ainsi que les flux de personnes, de ressources et de musique ; l'exil aux Etats-Unis, souvent définitif, est analysé comme une stratégie du groupe social pour faire parvenir à la ville d'origine de l'argent et des biens matériels.

vendredi 10 juillet 2009

Le Pérou rembourse plus tôt que prévu sa dette à la France

Lu dans le vol aller, cet article des Échos qui témoigne d'une situation économique pas si mauvaise que cela au Pérou :

"Secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, est depuis lundi au Pérou dans le cadre d'un déplacement en Amérique Latine qui la mènera également au Chili. Deux pays, qui selon le ministère, "ont résolument fait le choix de l'insertion dans les échanges internationaux et résistent relativement bien à la crise économique mondiale".
Il s'agit donc de développer les relations de la France avec ces deux paysm dont la France n0est que le 25e partenaire commercial et le 13e investisseur étranger. La venue d'Anne-Marie Idrac, qui a rencontré hier le président péruvien, Alan García, constitue d'ailleurs la première visite officielle depuis longtemps, en dehors du passage éclair de Francois Filon en mai 2008.
L'un des signes forts de cette volonté de rapprochement a été la signature hier, par la ministre francaise et le ministre des Finances péruvien, en présence du président, de l'accord de remboursement anticipé de la dette péruvienne à hauteur de 471 millions d'euros à l'égard de la France. Cet accord intervient dans le cadre du Club de Paris, avec lequel le Pérou avait manifesté depuis un moment son intention de renégocier sa dette. La France, son premier créancier, s'y était d'abord opposé, en raison du préjudice financier que cela entraînait pour elle. Mais les deux pays en ont rediscuté lors de la dernière assemblée générale de la Banque interaméricaine de développement, à Bogota.

Cet accord ouvre donc de nouvelles perspectives (...). Anne-Marie Idrac "souhaite absolument développer les relations commerciales" avec ce pays qui a enregistré l'an dernier la plus forte croissance du sous-continent à 9,8 % et devrait, malgré un fort ralentissement lié à la crise, conserver cette année une hausse du PIB de l'ordre de 3%.
Les opportunités pour la France ne manquent pas, en particulier dans le cadre du plan de relance de 4,1 milliards de dollars (3,2% du PIB) mis en place fin 2008 par le président Alan García. Notamment en termes de transports et d'assainissement des eaux auxquels Veolia s'intéresse, ou dans les hydrocarbures, où Perenco est actif.
Cela dit, la situation est compliqué par la crise politique que traverse actuellement le pays. Après les affrontements meutriers de début juin entre la police et les communautés indiennes, le Pérou connaît cette semaine une forte agitation sociale qui devrait culminer aujourd'hui à Lima. Les syndicats ont appelé soit à la grêve, comme les enseignants, soit à une "mobilisation" de leur choix. La démission du premier ministre Yehude Simon, usé par des conflits sociaux récents, figure parmi une large palette de revendications syndicales, dont des hausses de salaire."

La grève n'a finalement pas été si suivie que cela, et la démission du premier ministre était annoncée depuis longtemps. Son successeur devrait être désigné la semaine prochaine, mais les candidats ne se pressent pas...
Par ailleurs et pour rester dans l'économie, le Pérou a signé un accord de 140 millions de dollars avec Dassault, Thalès et Snecma, lors du salon du Bourget, pour restaurer sa flotte de 12 Mirage 2000 (dont trois seulement sont aujourd'hui en état de vol), achetée il y a plus de 20 ans. Ca, c'est pour se prémunir d'une invasion chilienne...

Première journée à Lima...

... les souvenirs reviennent ! Un an, ca marque. Là, je n'y suis que pour deux mois : je vais réaliser un p'tit audit sur le Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire du Pérou, je commence lundi pour un mois et demi !


dimanche 5 juillet 2009

Et mince...

Juste quand je me prépare, la terrible grippe H1N1 fait ses deux premières victimes au Pérou (jusque là plutôt épargné). Heureusement, le bien-aimé président Alan Garcia a déclaré que le Pérou serait libéré de la grippe A d'ici la fin de l'année, me voilà donc rassuré. Il a déclaré hier (juste avant l'annonce des 2 victimes, donc) : "à la différence de ce qui se passe dans d'autres pays voisins, où des milliers de personnes ont été infectées et des dizaines sont mortes, au Pérou la grippe n'a pas causé le moindre décès". Je pars donc le coeur léger !

Je repars au Pérou !

Je pars mercredi pour deux mois au Pérou, où je serai investigador dans l'administration du Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire... A moi les joies de la gestion culturelle et de l'administration péruvienne !

mercredi 1 juillet 2009

Les sites péruviens inscrits au Patrimoine mondial de l'Humanité

Caral devient le 11e site péruvien inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'Humanité. Voici donc l'ensemble des sites classés :

La ville de Cusco (1983)
Le sanctuaire historique de Machu Picchu (1983)
Le site archéologique de Chavin (1985)
Le parc national du Huascaran (1985)
La zone archéologique de Chan Chan (1986)
Le parc national du Manu (1987)
Le centre historique de Lima (1988)
Le parc national Rio Abiseo (1990)
Les lignes et géoglyphes de Nasca et de Pampas de Jumana (1994)
Le centre historique d'Arequipa (2000)
Et donc, la ville sacrée de Caral (2009)

L'inscription sur la liste du Patrimoine mondial consacre la "valeur universelle exceptionnelle" d'un bien culturel, son authenticité et son intégrité. Les Etats s'engagent à protéger le site, et fournissent un rapport annuel sur sa situation. Il peut être inscrit sur la liste du "patrimoine en péril" si les risques de dégradation sont trop importants (ce pourrait un jour être le cas, par exemple, du Machu Picchu menacé par le tourisme de masse et actuellement en "suivi renforcé").

Le Pérou a encore plusieurs candidats de poids pour rejoindre la liste, en particulier le Capac Ñan, le "chemin inca" qui court de Quito à Cusco et de Cusco à La Paz, et a été étendu, dans les dernières décennies de l'empire inca, de la Colombie à l'Argentine. Le chemin est en pleine redécouverte depuis quelques années, les enquêtes et publications se multiplient : affaire à suivre !

Deux "cousins migrateurs" avaient fait, jusqu'en 2007, un tour du monde du Patrimoine mondial et avaient visité huit des sites péruviens : tout est archivé ici.