L'un des livres les plus vendus au Pérou, ces derniers temps, ce n'est pas le dernier essai de Mario Vargas Llosa... C'est un petit livre sur les aventures du pezweon. Pour comprendre, il faut savoir qu'un des diminutifs affectueux avec lesquels on appelle les gens, ce peut être "huevon" (ou weon, ou won, ou juste on : couillon mais en plus affectueux, comme je vous le disais) ; il faut aussi savoir qu'il existe un "pues" intempestif et très péruvien, qui peut aussi donner "pe", pez", "pueeeees" : "sé conciente pe" pourra ainsi se traduire par "soit conscient, quoi" ; par un intraduisible "yaaaa, pueees" ("vas-y, allezzzzz") accompagné de la bonne accentuation, on finira par vous dire ce que vous attendiez. On peut évidemment combiner en fin de phrase ces deux interjection : cela donne le fameux "pez weon".

Qui est ce huevon?
C'est le pezweon, pezweon.
Un poisson (pez en español) avec une paire de testicules roses (ce qui se dit huevon), que tout le monde a sur les lèvres.
Toi et tes amis, vous le nommez chaque fois que vous terminez une phrase.
Il n'a aucune expression.
Il peut lui arriver plein de choses, il aura toujours la même tête.
Il ne sourit pas.
Il ne pleure pas.
Il ne nage pas.
Il flotte.
C'est le pezweon, pezweon !
Les aventures du pezweon, diffusées dans le journal de la Catolica, sur facebook et dans le petit "Livre du pezweon", sont toutes simples : une bande de trois vignettes au maximum, une mise en situation silencieuce, à la fin de laquelle quelqu'un finit par s'écrier : "mais fais quelque chose, pezweon !" Par exemple, ici, le poissoncouillon est bien entouré. "Présente tes amies, pezweon !"

L'humour péruvien existe donc : vous venez de le rencontrer :)



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