La stratégie économique du Président, depuis son élection en 2006, est résumée dans son célèbre discours sur "El perro del hortelano". Selon l'expression péruvienne, le chien du maraîcher ne mange rien, mais empêche quand même les autres de manger. Alan Garcia avait donc comparé le Pérou à ce perro del hortelano, assis sur un territoire extrêmement riche mais qu'il se refusait à exploiter et développer. Il s'emploie donc à favoriser l'investissement étranger, le Pérou n'en ayant pas les moyens. Les choses se compliquent lorsque l'on touche à la selva, la jungle amazonienne.
Contrairement à la Bolivie ou au Honduras, par exemple, il n'y a pas d'indiens au Pérou. Du moins, il n'y en a plus. D'une part, parce la plupart de la population est métisse ; d'autre part, parce que sous le gouvernement du général Velasco, le terme d'indio, trop péjoratif, a été abandonné au profit de celui de campesino. Il y a donc dans les Andes une forte population paysanne, mais pas de "population indienne".
Dans la selva, par contre, il reste des "nativos", des tribus amazoniennes, des ethnies assez écartées du développement économique, mais pas complètement de la vie du pays. Leur patrimoine culturel est reconnu, leur organisation relativement respectée. Il y a aussi, et surtout, tous ces Péruviens qui habitent les villes amazoniennes, tout en étant pleinement insérés dans la société. Ce sont surtout eux qui manifestent : il ne faut pas s'attendre à voir des hommes en pagne à demi-nus quand on parle de manifestations "d'Indiens" dans la jungle amazonienne...
Depuis quelques années, on observe au Pérou un mouvement "d'indianisation" de ces populations, vraissemblablement sous l'influence d'ONG nord-américaines qui cherchent à créer une conscience politique et à promouvoir les "droits des peuples indigènes". C'est un combat idéologique, sans doute également un anti-libéralisme par procuration de ces ONG, qui instrumentalisent et déforment de vagues concepts amérindiens (le respect de Mother-Earth et de la nature....) dans toute l'Amérique Latine.
L'année dernière, pour la première fois, les protestations de tribus amazoniennes ont fait reculer le gouvernement. Il semble que cette fois-ci, il y ait à la clé des ressources pétrolières récemment découvertes. Pour justifier le développement économique, le Président Garcia en revient aux vieilles attaques politiques : il dénonce les méthodes "terroristes", les attaques qui s'inscrivent dans le cadre d'un "complot contre la démocratie", et qui rappellent les années du Sentier Lumineux... Comme d'habitude.
Mais cette fois-ci, l'affaire a l'air sérieuse et les conflits, rudes. Ce qui pourrait provoquer du grabuge politique.



5 comentarios:
Je ne suis pas sure que tout soit toujours aussi instrumentalisé que tu le dis...
Pas forcément dans ce cas-là, mais on observe quand même, en général, une instrumentalisation des expressions identitaires depuis plusieurs années... avec des reconstructions bidon autour de "l'identité moche", de la Pachamama ou autres.
Les "mouvements indiens", c'est assez nouveau au Pérou. Et c'est bien différent de l'indigénisme des années 1920.
tu te relis parfois françois :) je comprend rien à ce que tu as écris :D
vas pas au pérou c'est dangereux ...
C'est regrettable que des gens de l'extérieur, souvent venus faire du profit, instrumentalisent des mouvements aussi justes et en arrivent à les discréditer.
Hum, petit conseil de lecture pour dissiper les malentendus :
- je voulais parler ici de l'influence nord-américaine dans le processus de "ré-indianisation" au Pérou, très récent dans ce pays ; il y a des travaux de Carmen Salazar-Soler (ethnologue au CNRS) sur la question.
- cette influence peut entraîner une "instrumentalisation" de concepts et de la construction identitaire ;
- ça ne signifie pas que les événements actuels soient instrumentalisés politiquement de l'extérieur... j'ai juste profité de l'actualité pour évoquer le sujet.
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