lundi 26 mai 2008

Huari

A une vingtaine de kilomètres d'Ayacucho, perchée sur un plateau calcaire, se dresse la capitale de l'état éponyme, Huari. Une grande partie du site est enfouie et recouverte par la végétation, et toujours inexplorée aujourd'hui. On estime que la ville occupait près de 18 km carrés, et pouvait compter de 10 à 20 000 habitants permanents.

Le site est entouré de grandes murailles, et se compose de plusieurs zones et types de constructions, dont les fonctions (résidentielles, cérémonielles et cultuelles) ne sont pas bien connues. Ayacucho ayant été le centre du groupe terroriste et marxiste du Sentier Lumineux, peu de fouilles ont pu être menées sur le site, à part les travaux de William Isbell.

Du point de vue funéraire, on note la présence de sarcophages monolithiques, faits de roche volcanique, qui servaient de dernière demeure à certains personnages d'élite. Et il y a quelques années, on a mis à jour un ensemble de tombes, creusées sur trois niveaux (15 m de profondeur!). Le fait que les enterrements soient collectifs, et que cela demande un tel "investissement social de temps", fait penser que les enterrements donnaient lieu à de grandes cérémonies, puis que le lieu servait au culte des ancêtres, de l'ayllu : mot quechua très important dans le monde andin, puisqu'il désigne la communauté, la parenté, le lignage, la famille au sens large.



dimanche 18 mai 2008

Voyage d'archéologie

Encore un beau petit voyage archéologique ! Nous avons été à Ayacucho voir quelques sites Huari ; et en passant, d'autres sites de la côte sud, en plus ou moins mauvais état. Me voilà bien pensif face à ce cimetière pillé...

France Inter

J'ai oublié de signaler la cruelle déception des Péruviens qui ont tous entendu parler de Carla Bruni et espéraient bien la voir ; mais bon, le reportage n'étant pas si mal (et même très bien), je ne vais pas me plaindre. Vous pouvez l'écouter ici, et lire ci-dessous le résumé officiel.

Vendredi 16 mai 2008
Rendez vous au Pérou
François Fillon va représenter la France au sommet de l’Union européenne et de l’Amérique latine qui s’ouvre aujourd’hui à Lima. Les Péruviens s’étonnent que Paris ne dépêche que son Premier Ministre et non pas le chef de l’Etat si l’on en croit François Rambaud. Etudiant en archéologie, à Lima, celui-ci tient un très beau blog sur lequel il détaillait, voici quelques jours, les difficultés du transport dans la capitale péruvienne. Aussi les autorités, soucieuses d’éviter l’asphyxie totale de la cité, ont-elle décrété deux jours de congés au moment du sommet, histoire de décongestionner Lima.
Ce sera pour notre blogueur l’occasion de s’échapper de Lima comme il le fait parfois, par exemple pour nous entrainer, après seize heures de voyage, jusqu’à la colonie austro allemande de Pozuco, perdue à 800 mètres d’altitude, en pleine jungle, au bout d’une piste totalement défoncée. Les Allemands et les Autrichiens qui vivent encore ici sont les descendants des colons arrivés en 1859 et 1868, à l’initiative d’un baron visionnaire répondant au nom de baron Freier Schutz von Holzhausen. Le blogeur nous raconte, vidéo à l’appui, son propre voyage vers ces terres du bout du monde où François Fillon ne se rendra certainement pas. Il est vrai qu’il n’aurait pas grand-chose à y faire.
Sur ce blog riche en images, j’ai aussi appris que la société de géographie de Lima vient de confirmer la thèse d’un chercheur italo-polonais, Jacek Palkiewicz selon laquelle l’Amazone est bien le fleuve le plus long du monde. Son cours s’étendrait sur 6762 kilomètres, contre 6695 «seulement» pour le Nil.

mardi 13 mai 2008

Chronologie du Pérou préhispanique

Une des premières choses dont on se rend compte en visitant les musées péruviens, c'est que les Incas n'étaient que les derniers venus d'une histoire pluri-millénaire. Mais si l'on trouve un peu partout des chronologies présentant les nombreuses civilisations préhispaniques, il est compliqué de s'y retrouver !

De nombreuses chronologies ont été établies au long du XXe, plus ou moins marquées idéologiquement par les filtres dont je vous parlais précédemment, ou limitées aux cultures connues alors. On trouve des chronologies stylistiques (selon l'évolution de la céramique), culturelles, évolutionnistes, historiques, de toutes sortes. Essayons d'y voir clair dans les andes centrales et sud.

Max Uhle, père de l'archéologie péruvienne, notait dès 1902 que les Incas, et avant eux Tiahuanaco, représentaient deux grands moments d'unification politique et artistique, deux "horizons culturels". On appelle horizon une période d'unification régionale autour d'une culture dominante, pendant laquelle un style artistique relativement uniforme se diffuse. En 1944, Chavín a également été défini comme horizon bien plus ancien. Entre les années 1950 et 60, John Rowe élabora une chronologie andine, alternant horizons culturels (ancien, moyen et récent) et périodes intermédiaires (ancienne et récente), très utilisée par les archéologues nord-américains, que voici avec les datations actualisées :

Période précéramique, de 3000 à 1800 av. J.-C. Développement de l'agriculture et de l'élevage de camélidés.

Période initiale, de 2000 à 1300 av. J.-C. On pensait ne pas avoir de systèmes politiques développés sur la période... mais on a découvert très récemment plusieurs centres cérémoniels, comme Caral ou Bandurria, de plus de 5000 ans !

Horizon ancien (Chavín) de 1300 à 300 av. J.-C. Le centre cérémoniel de Chavín de Huántar, dans les andes Nord du Pérou, marque le premier horizon culturel, par son influence idéologique et religieuse ; on y venait en pélerinage. Ces trois premières périodes forment l'horizon formatif, durant lequel se définissent les bases culturelles des civilisations andines (religion, architecture...).

Période intermédiaire ancienne, de 300 av. J.-C. à 600 ap. J.-C. Développement de nombreuses cultures régionales, en particulier sur la côte, qui atteignent un haut niveau de développement : Mochica, Paracas, Nazca...

Horizon moyen (Huari, Tiahuanaco) de 500 à 900. Tiahuanaco, près du lac Titicaca, et Huari, à côté d'Ayacucho, sont deux centres qui se développent en parallèle et unifient respectivement le sud péruvien, la Bolivie et le nord chilien d'une part, et le centre et nord péruviens d'autre part, étendant leur influence politique et artistique, et diffusant leur vision religieuse. L'architecture et l'art textile sont particulièrement bien développés.

Période intermédiaire récente, de 900 à 1470. Comme précédemment, à la fin de l'influence Huari et Tiahuanaco, on assiste à un développement d'Etats Régionaux militaristes : Chimú, Chancay, Ica...

Horizon récent (Inca) 1470 – 1534. Dernière et brève unification par l'un des Etats de la période précédente, qui s'étend progressivement, à partir de Cuzco, jusqu'à constituer le Tahuantinsuyo, les quatre régions (comprenant partiellement la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, l'Argentine et le Chili).

Voici donc un aperçu général des civilisations péruviennes. Il faut bien sûr adapter la chronologie pour chaque région : Costa, Sierra et Selva, elles-même divisés entre nord, centre et sud. C'est assez clair ?

lundi 12 mai 2008

El día de la madre - Fêtes péruviennes

C'était aujourd'hui El día de la madre, ou la fête des mères version péruvienne. Mais oui, les Français sont les seuls ou presque à la fêter le dernier dimanche de mai (ou en juin si cela coïncide avec le dimanche de la Pentecôte, que de complications), et qu'il y a en nuestro mundo globalizado bien d'autre dates pour cette fête. J'achève mes partiels et ai lu en histoire "La culture populaire", intéressant ouvrage de Peter Burke, où l'on explique que dans les sociétés pré-industrielles, les gens vivaient dans le souvenir d'une fête passée, et dans l'attente de la suivante.
C'est très vrai.

Le Pérou ayant encore, sous plusieurs aspects, conservé une mentalité pré-industrielle, on peut se rendre compte de la justesse de cette remarque. Toute l'année est marquée de fêtes, avec leurs ambiances particulières, qui sont particulièrement bien partagées par toute la population. El año nuevo, le Carnaval, la Saint Valentin, la Semaine Sainte, la fête des mères, les fêtes patriotiques, la Santa Rosa de Lima, el Señor de los Milagros, Noël... ce ne sont pas des journées, mais parfois des semaines entières marquées par la préparation, l'avent, puis la réalisation de la fête. Les festivités du Carnaval durent de 10 jours à un mois, les drapeaux rouges et blancs pavoisent bien au-delà du 28 juillet et le Señor de los Milagros colore de violet tout le mois d'octobre.
Il y a parfois des nourritures spéciales associées aux fêtes, comme le traditionnel chocolat chaud de Noël, le Panetón qui s'achète, se gagne ou s'offre à partir de décembre et jusqu'à trois mois plus tard, le turón et les nombreux desserts typiques du Señor de los Milagros...

Contrairement à nos vieux pays où les fêtes religieuses ont perdu leur sens et sont à grand-peine remplacées par des orchestrations mercantiles et une fade célébration de l'événementiel citoyen et médiatique, on retrouve ici une conception cyclique du temps, plus ritualisée, plus partagée aussi, des institutions publiques aux couches populaire, et jusqu'au Président de la République, qui se doit de participer à certaines célébrations.
Pour la fête des mères, tous les journaux réservent un éditorial aux mamans, du sérieux Comercio aux torchons footballistiques. Les émissions télé les plus stupides du dimanche midi nous livrent les témoignages émouvants et les retrouvailles larmoyantes de mamans et de fistons. Et dans les rues, les vendeurs de fleurs font marcher le commerce ; homme d'affaire ou chauffeur de combi, personne n'oublie d'offrir une rose ou un bouquet à sa maman, mais aussi de fêter toutes les madres dont c'est aujourd'hui la fête. Quel pays de grands enfants :)

Gonzalo, le fils d'Adela, journaliste à Perú21, nous a invités, sa maman (qui est aussi mi mamita peruana), une nièce et moi, à déjeuner dans le restaurant d'un Hôtel***** où, en tant que journaliste culturel, il a droit à une table gratuite. Ce fut un repas à s'en faire péter la sous-ventrière.

mercredi 7 mai 2008

LLorando se fue la lambada...

Prenons una chanson triste d'un groupe bolivien dont je vous ai déjà parlé, Los Kjarkas (on ne prononce pas le K initial). Je vous assure que les costumes sont authentiques (les jupes aussi).

Remplacez la flûte de pan par un acordéon, chantez-le en brésilien par un groupe parisien, inventez un pas de danse sensuel, et vous obtiendrez... le tube de l'été 1989, splendide cas de violation des droits d'auteurs !

Les paroles en espagnol et brésilien.

mardi 6 mai 2008

Le plus long fleuve du monde !

Je vous en parlais il y a quelques temps, c'est désormais confirmé : suite à l'officialisation de sa source dans le Sud du Pérou, à 5000 mètres d'altitude, l'Amazone est bien le plus long fleuve du monde.
Ce fut assez compliqué à établir, puisqu'il y a plus d'un millier d'affluents, dont 25 dépassent les 1000 km, et nombreuses furent les expéditions ces dernières années. Mais la Société Géographique de Lima a confirmé hier la thèse de l'italo-polonais Jacek Palkiewicz, qui aboutit au classement suivant :
- L'Amazone : 6.762 km,
- Le Nil : 6695 km,
- Le Mississippi : 6.380 km,
- Le Yangtzé : 6.270 km.
L'Amazone bénéficie également du débit le plus important, équivalent à celui des trois autres fleuves réunis. Les Péruviens vont probablement renommer "Amazone" le fleuve tout au long de son parcours pour que cela soit plus pertinent. Et il va falloir récrire l'Enciclopedia Britanicus, dans l'erreur depuis trois siècles.
Photo de l'auteur ;)

lundi 5 mai 2008

Nationalisme, indigénisme, marxisme et archéologisme

L'archéologie comprend une grande part d'interprétation des données, traduisant le plus souvent les opinions "idéologiques" de leurs auteurs. J'avais envie de vous présenter quelques-uns de ces filtres, parce qu'ils sont toujours bien présents dans les ouvrages d'archéologie andine, et qu'il faut savoir les identifier :)

L'européo-centrisme.
Les premiers archéologues ou voyageurs de la fin du XIXe, souvent européens, rapportaient très souvent les civilisations américaines au passé européen. Lors de la "découverte" des Mayas par exemple, ceux-ci ont été présenté par les archéologues états-uniens comme "les Grecs du Nouveau Monde". La vision romantique des sociétés mystérieusement disparues a conduit à établir des chronologies trinaires du type "époque pré-classique / classique / décadente", les civilisations connaissant comme les hommes une croissance, une maturité puis une fin. Ne pouvant pas croire qu'une civilisation comme Tiahuanaco puisse se développer à près de 4000 mètres d'altitudes, on a forgé des hypothèse de développement très ancien, avant que les montagnes ne s'élèvent. Le modèle weberien de l'Etat a conduit à voir des Etats bureaucratiques accaparant la violence légitime un peu partout. Etc, etc.
Le problème principale est que, ces théories ayant été pionnières dans la définition des civilisations en question, elles marquent toujours très fortement leur étude. La chronologie Maya, par exemple, est toujours présentée sous cet angle trinaire.

Le nationalisme
Pour le "père de l'archéologie bolivienne", Carlos Ponce, Tiahuanaco était le symbole de l'unité nationale de la Bolivie ; il interpréta les têtes de pierre du temple semi-souterrain comme représentant les différents groupes ethniques de la Bolivie moderne. Rappelez-vous l'affiche bolivienne de mars dernier. Tiahuanaco devant être un modèle ayant influencé les autres sites (en particulier Huari, à peu près contemporain mais situé dans la sierra centrale péruvienne), ses origines étaient volontairement datées le plus anciennement possible, et la possibilité que le site ait été influencé par un autre, rejetée.
Tout cela est problématique lorsque l'influence d'un site s'étend, comme pour Tiahuanaco, sur trois ou quatre états actuels (Pérou, Bolivie, Chili) : les chronologies sont nationalisées et les données éparpillées, encore aujourd'hui.

L'indigénisme.
Un grand nombre d'archéologues péruviens, à commencer par le plus illustre d'entre eux, Julio C. Tello, étaient d'origine andine ou du moins se sont identifiés aux indigènes. Leurs travaux cherchaient à montrer l'existence à l'arrivée des Espagnols d'une "civilisation adulte". Je vous traduit un extrait d'un courriel que l'on m'avait envoyé pour la fête de l'archéologue, le mois dernier (en 2008 !) dans un style très péruvien : "A travers les multiples restes archéologiques, Tello confirmait quotidiennement l'antiquité de la race autochtone et la diversité des collectivités, seigneuries et royaumes, de toutes ces sociétés qui peuplèrent le sol andin, Tello divulga aux quatre vents l'esprit ancestral et rénovateur, sous l'appui scientifique de l'archéologie. Conscient de la marginalisation et du mépris auxquels était soumise la masse indigène, la cristalisation d'une identité collective ; que les classes dominantes préféraient toujours éviter de comprendre sa présence et ce qu'elle signifiait dans l'évolution historique et culturelle du pais. Tello déclara :
"J'ai ici l'oeuvre de ma race qui erre, proscrite entre les masses superbes des Andes. Elle est digne de parangonner avec les cultures et les civilisations les plus avancées du monde ; et si hier elle fut capable de faire cela et de s'organiser en collectivités parfaites, demain quand viendra l'heure de sa revendication, il lui sera possible de le dépasser, et de montrer au monde le pouvoir de sa volonté et la hauteur de sa pensée"."

Le marxisme
Last but not least, le marxisme. Il est toujours bien présent actuellement (au Pérou, ce serait plutôt à l'Université Nationale Majeure de San Marcos, doyenne des Amériques et célèbre foyer gauchiste). L'archéologue marxiste voit toute l'histoire des sociétés comme une nécessaire évolution, depuis l'époque des gentils chasseurs amicaux et sans chefs, vers une accaparation des moyens de production et donc des richesses par une classe dominante cherchant à maintenir ses privilèges. "Le changement social se réalise à travers le dépassement des contradictions qui apparaissent historiquement au sein de la société" ; ce dépassement ne venant que de la Révolution, le marxiste en découvre donc (les concepts préhistoriques de Révolution néolithique et de Révolution urbaine ont d'ailleurs été définis par Childe, sous l'influence du marxisme).
L'archéologue marxiste actuel semble publier sa thèse pour que les autres marxistes soient fiers de lui. Il la débute puis la truffe de citations de Karl. S'il l'a publié depuis moins d'une dizaine d'années, il s'attache à tout dater a.n.e ou d.n.e (avant ou de notre ère) pour ne pas évoquer Jésus-Christ, et surtout, surtout à évoquer l@s otr@s investigador@s (l'arobase se lisant à la fois o ou a, ce qui permet d'évoquer les autres chercheurs/seuses dans un esprit paritaire). On a envie de l'aider quand il oublie de paritariser un article.
Il se pose beaucoup de questions tordues, comme La nouvelle gauche française : ¿Marxisme structuraliste ou structuralisme marxiste? et reste très attaché à la définition des concepts, aux contradictions, à la dialectique, à la domination de classes. J'ai entre les mains "Archéologie de la formation de l'Etat : le cas du bassin nord du Titicaca", publié en 2005. La première partie définit les conceptions philosofico-politiques de l'état, des penseurs grecs à Lénine, en passant par Marx, Engels et l'anarchisme. La deuxième partie décrit les modèles anthropologiques et archéologiques de formation de l'Etat, critiquant les visions idéalistes et défendant comme il se doit l'approche matérialiste historique. On n'a toujours pas vu le moindre bout du Titicaca à la moitié de l'ouvrage. La troisième partie résume les différentes fouilles de la région, expliquant l'orientation des fouilles par la volonté des classes dominantes de l'époque de justifier leur privilèges (on frise parfois la théorie du complot, comme lorsqu'il voit dans les fouilles d'archéologues américains "un grand intérêt des Etats-Unis pour intervenir dans l'archéologie andine, afin de contrôler l'avancée des possibles archéologies nationalistes et de gauche"). Enfin, la dernière partie s'intitule : "Une représentation archéologique matérialiste historique de la formation de l'Etat dans le bassin nord du Titicaca".
C'est indigeste, théorique et abstrait, truffé de termes compliqués, hermétique à souhait pour l'innocent non-marxiste qui n'a même pas envie de lui demander "S'il vous plaît... explique-moi le matérialisme historique", et je ne pense pas que cela ait vocation à servir l'archéologie. L'archéologie marxiste, c'est un peu comme regarder un pétale de rose à travers un scaphandre dont les oeillères feraient de l'ombre à sa loupe : on est convaincu de mieux voir le pétale, et on en oublie la fleur.

samedi 3 mai 2008

Parciales

Toute la semaine prochaine je serai en partiels, mais cet après-midi avec Adela, nous sommes partis à Gamarra acheter quelques vêtements : je vais pouvoir renouveller ma garde-robe :)
Gamarra n'est pas un centre commercial, c'est un QUARTIER commercial ; l'avenue Gamarra et les rues adjacentes sont fermées à la circulation, et livrées à la foultitude. On y trouve de tout, principalement des vêtements confectionnés sur place, à des prix défiant toute concurrence. Nombreuses sont les boutiques de province à venir s'y approvisionner por mayor, en gros. Et les voleurs à fréquenter les lieux, raisons pour lesquelles je ne me risquerai pas à la photographie urbaine (les photos ne sont pas de moi). Imaginez simplement une rue bondée où les jaladores (tireurs) attirent le chaland, des immeubles envahis par les galeries commerciales (3, 4, 5 étages ou plus de mini-boutiques)...

Résultat des courses : deux jeans pour la modique somme de... 50 sols, soit 11 euros les deux (et ce sont des vrais jeans, confectionnés sur place, pas du made in China ni de la contre-facon!) ; deux pulls, un tee-shirt de reggaetón (jajaja), et, tadadam, la prise de mesures pour un costume. J'en aurais besoin à la fin du mois pour un mariage où je suis invité, à Huancayo, et cela sera toujours utile pour les prochaines années. Prix là encore tout doux, 150 sols pour une veste et un pantalon, soit 35 euros. Appréciable pour du sur-mesure. Je vais me sentir beau dedans.

Tout cela pour vous dire que le taux de change est très agréable pour moi (c'est bon la honte) ; et que s'il existe au Pérou un marché formel et légal (je l'ai rencontré) aux tarifs quasi-occidentaux, il y a aussi une vaste économie qui cherche à rester à la portée des réalités locales. Le Pérou est la sixième économie la plus informelle au monde. Sans cela, je ne donnerai pas cher de la moitié de ses habitants, qui vit sous le seuil de pauvreté. Les statistiques moralisatrices sur le pourcentage de population vivant avec moins de tant de dollars par jour ne veulent pas dire grand-chose.

jeudi 1 mai 2008

Les animaux de la Católica

La Católica ayant un grand campus, il y a de quoi abriter quelques huacas (qui fournissent du travail archéologique à portée de main) et moult petites bêtes.
Je vous en avais déjà parlé, mais on ne se promène pas tous les jours avec son appareil photo sous la main quand bondissent les cerfs ou les écureils. Voilà donc quelques images :