mercredi 30 avril 2008
El día de la secretaría
samedi 26 avril 2008
L'UE, le MRTA et le terrorisme
Colegio de Ingenieros
Le transport public à Lima
En prévision des prochains Sommets qui se tiendront à Lima (le 16-17 mai, le sommet UE-Amérique Latine et Caraïbes, pour lequel Sarkozy vient de se désister pour agenda surchargé, et en octobre, l'APEC Asie-Pacifique), la municipalité rénove bon nombre des grandes avenues, ce qui contribue momentanément à augmenter les embouteillages. Il est vrai qu'il était temps de boucher les trous. Je suis fan des montages photos présidentiels ; admirez l'antes/despues. N'est-ce pas que ce sera plus beau demain ? El Perú avanza, ¡carajo!
Quelques chiffres supplémentaires : la ligne de bus la plus longue, qui relie Pachacamac à Carabayllo, fait cent trente-deux kilomètres. Il y a actuellement 220 000 taxis qui circulent à Lima (alors que seuls 100 000 seraient suffisants), et 26 000 unités de transport public. Le rapport indique qu'il n'en faudrait que 9400, mais je suis plus que dubitatif ; ils sont pleins durant la journée, et blindés aux heures de pointe, à tel point que le cobrador a souvent du mal à tenir sur le marchepied... Mais même lorsqu'ils sont pleins, on continue à inciter par des "hay asiento", "Pasa al fondo, el fondo está vacío", "Colabora pe, avanza patrás, al fondo hay espacio, ¡avanza patrás!"
mardi 22 avril 2008
Mes voyages au Pérou
L'histoire européenne vue du Pérou
L'archéologie n'étant pas pleinement du goût de SciencesPo., j'ai dû prendre à chaque semestre deux cours d'histoire. Les cours d'Histoire médiévale, au semestre dernier, et Histoire Universelle Moderne ce semestre concernent notre vieux continent. Et c'est amusant de le découvrir d'un oeil péruvien.
Le prof (génial) d'histoire médiévale avait étudié à Paris dans sa jeunesse ; ses cours étaient truffés d'anecdotes, de détails, de souvenirs de voyages, et surtout d'allusions au Lima de son enfance, meilleur moyen pour que ses étudiants puissent comprendre l'état d'esprit de l'époque. Il nous évoquait par exemple la destruction des balcons coloniaux du centre de Lima pour que l'on puisse s'imaginer l'étroitesse des rues d'Europe médiévales (Mario Vargas Llosa a écrit une pièce de théâtre sur El Loco de los balcones, qui se battait pour les sauvegarder), les bruits de la rue parisienne au XIIIe siècle, ou encore le steak tartare qu'on lui avait servi dans un restaurant parisien. Tout plein d'évocations qui rendaient le cours très vivant.
Le prof actuel d'Histoire Universel Moderne (du XV au XVIIe, disons) est plus particulier. Plus jeune, on raconte que le gustan los chicos, il est conseiller historique d'une émission télévisée centrée sur l'histoire. Comme ces émissions sont regardées dans les collèges ruraux, il est un fervent partisan de leur piratage, afin d'aider la diffusion culturelle. Ses cours, cela se sent, sont très marqués par l'histoire espagnole, ce qui est logique en Amérique Latine. On apprend donc que l'accession au trône d'Henri IV est une défaite politique espagnole (et de la Sainte Ligue), le mercantilisme n'est pas notre modèle colbertiste mais correspond aux rapports de la métropole hispanique au nouveau monde, la révolution francaise a duré 10 ans en France (1789-1799) puis 15 ans en Europe par les guerres napoléoniennes (étrange conception, alors qu'elle s'arrêterait plutôt avec l'acceptation de ses principes par le régicide Louis-Philippe, ou dans la version de Furet, par sa "rentrée au port" sous la IIIe République), et comble du comble, Versailles est le meilleur représentant du barroque classique. Hum... Pour mieux comprendre l'apparente antinomie, il faut saisir que ce prof voit tout le XVIIe comme le "siècle barroque" et que c'est de la faute de la France si nous en avons une réception classique. N'empêche que c'est fort curieux de parler du barroque classique, non?
dimanche 20 avril 2008
Chontabamba
samedi 19 avril 2008
Oxapampa
Là encore, beaucoup de belles maisons de bois, quelques noms de familles aux sonorités germaniques, mais les Allemands se font rares...
Je vous disais que les colons se sont adaptés aux nouvelles conditions. Bon, ils n'ont pas été jusqu'à introduire une brasserie péruvienne dans les Andes, mais !
Le week-end, un des lieux de sortie les plus prisés est "El Warapo", fondé en 1890. On y produit... du Warapo, pardi ! Une boisson à base de canne à sucre, légèrement fermentée, et très bonne. Plus fort, l'arguardiente
(une sorte d'eau-de-vie) est également produit à partir de caña de azúcar, que cette machine actionnée par la force hydraulique sert à broyer. Le jus obtenu est ensuite traité, bouilli, clarifié, etc. Saviez-vous que la canne à sucre est la plante la plus cultivée au monde, avec 23% de la production agricole ?!J'ai rencontré au Warapo une famille qui a absolument tenu à m'inviter à goûter la boisson locale, au son de la cumbia.
vendredi 18 avril 2008
J'avais envie de vous le dire : il y a un lapin dans la lune
Dans la cosmologie d'amérique centrale, il y a un lapin dans la lune. L'association d'idée est logique : le cicle de gestation des lapins est de 28 jours, soit un mois lunaire, ce qui lie considérablement le lapin, la lune et le féminin.
L'industrialisation a tué les facteurs de la culture populaire.
mercredi 16 avril 2008
Pozuzo
Par exemple, le petit déjeuner de l'hôtel El Mango, tenu par Juan Kohel Gstir et sa femme Johanna, n'oublie pas les saucisses matinales.Dans un restaurant typique (comprendre : typiquement tirolien), j'ai hésité sur la Karbonade, avant de commander un Wiener Schnitzel.
mardi 15 avril 2008
La colonie austro-allemande de Pozuzo
Il signe un contrat avec le gouvernement du Général Castilla, par lequel il s'engage à introduire en six ans 10 000 colons, agriculteurs et artisans, catholiques et travailleurs, afin de peupler ces vastes territoires. En échange, le gouvernement offre le transport, prend en charge le tracé de la route de Cerro de Pasco (la capitale de la région) jusqu'à Pozuzo, répartit des terres et de l'argent aux colons.Bien évidemment, le gouvernement a été renversé depuis, le chemin n'a pas été construit, et ils découvriront plus tard qu'ils ne peuvent pas garder leur nationalité, contrairement à ce qui était prévu. L'ambitieux projet échoue, mais eux qui sont partis ne se découragent pas. Pendant deux ans, ils avancent, et doivent tracer eux-même le chemin dans la Selva, dans des conditions difficiles. Le Baron doit rentrer en Allemagne en cours de route, pour s'expliquer devant la justice du non-respect du contrat. Si des bébés naissent en chemin, un certain nombre de colons abandonnent l'aventure, ne se sentant plus lié à un gouvernement qui n'a pas tenu ses promesses.
Enfin, le 25 juillet 1859, jour de la Saint Jacob, patron des pélerins, 170 colons arrivent sur les terres de la verte espérance, et fondent le village de Pozuzo. Pozuzo ist ein schönes Tirol isch lei oans* ! Un second groupe les rejoint en 1868. En 1891, environ 150 colons autro-allemands fondent Oxapampa, à 80 km. Jusqu'à la seconde guerre mondiale, ces colonies restent isolées, oubliées, à quatre jours de marche de la ville la plus proche (Huánuco). Les coutumes, danses, chants, vêtements, langue tirolaises se perpétuent, tout en s'adaptant aux conditions locales. Les matelas sont rembourrés en feuilles de maïs, les lampes fonctionnent à la graisse de porc, la lessive est possible en faisant bouillir les cendres...lundi 14 avril 2008
En route pour Pozuzo
Pozuzo n'est situé qu'à 800 mètres d'altitude. Oui mais ! Ceux qui visualisent plus ou moins le Pérou comprendront vite que pour aller de Lima, sur la Côte, à la Selva centrale, province d'Oxapampa, département de Pasco, il faut obligatoirement... traverser la cordillère des Andes, en passant par un col à près de 5000 mètres.
N'ayant plus de pastilles contre le Soroche, recours aux méthodes traditionnelles : quelques bonnes feuilles de coca, qui ont évité tout ennui et... tout sommeil. J'ai trouvé comment résister aux nuits blanches de Droit, héhé.
D'Oxapampa où arrivent les bus, il faut quatre heures de combi sur une piste défoncée pour arriver à Pozuzo même. J'avoue avoir eu presque peur par moments, mais bon, on fait confiance au chauffeur et on espère ne pas tomber dans le fleuve 100 mètres plus bas. Et ca passe. Le paysage justifie à lui seul le déplacement.
El día del arqueólogo
mardi 8 avril 2008
Cerro San Cristobal 2
On voit ici le premier cimetière de Lima, fondé en 1808 : le Cementerio Presbítero Maestro. Avant sa construction, les gens demandaient à être enterrés dans les cryptes des églises (il y aurait plus de 25 000 personnes enterrées dans les catacombes du couvent San Francisco...), jusqu'à l'indépendance, où un décret du général de San Martin a interdit cette pratique (en 1824).
Hihihi
Sinon, j'ai passé une excellente fin de semaine, qui m'a empêché de donner plus de nouvelles : vendredi soir, cérémonie de remise des prix de la faculté de communication (des vidéos, des spots publicitaires, des mini-films...) ; soirée chez des amis où j'ai fini par rester dormir, et profiter le lendemain du savoir cocktailesque et culinaire des ñañas ("soeur" en quechua ; les filles de province s'appellent parfois comme cela entre elles) de Huancayo. Le samedi soir, un Breton de Guyanne, Marin G. pour ne pas le nommer, débarquait à l'aéroport, on partait direct pour une soirée Latino : Salsa, Cumbia, Reggeatón, Merengue, Trance et autres musiques variées.
Le Lendemain, grooosse promenade dans Lima. C'est grâce aux regards d'ailleurs que ce à quoi l'on s'habituait redevient curieux. La vie informelle, l'anarchie urbaine, la présence de l'océan, la crasse décrépitude du centre historique, l'énormité d'une mégapole de 8 ou 9 millions d'habitants, la complexité archéologique... le bruit des antivols, qui usent toutes les tonalités, disons, d'une photocopieuse en mode Fatal Error... la beauté des Péruviennes... la chance de profiter du ciel bleu en été... parce que Lima au soleil, franchement, c'est très, très sympa. vendredi 4 avril 2008
Au théâtre
J'avais déjà été voir La fiesta del Chivo, ou La fête au bouc, au théâtre en janvier dernier. C'est l'adaptation, déjà jouée aux Etats-Unis et en Colombie, du roman de Mario Vargas LLosa sur la dictature de Trujillo en République Dominicaine.
Alberto Isola (directeur de l'école de théâtre de la Católica), qui jouait le dictateur Trujillo dans La fête au bouc, incarne cette fois-ci Chispas, un homme d'affaires péruvien, en déplacement à Londres, dans une suite de l'hôtel Savoy. Demande à le voir un second personnage ; une femme, qui dit être la soeur de Pirulo, son ami d'enfance disparu depuis 35 ans après une dispute. On apprend progressivement que les deux amis se sont disputés après que le disparu eût voulu embrasser Chispas, qui réagit en le frappant violemment. Puis que la soeur est en fait Pirulo ille-même, qui n'a cessé de l'aimer après avoir "retrouvé son identité".
Pour les connaisseurs, on retrouve les thèmes classiques de Vargas LLosa : la question de l'identité, la liberté, et les souvenirs qui ressurgissent d'un passé traumatisant. Et c'est très bien joué. Je vous encouragerais bien à y aller (c'est jusqu'au 19 mai), mais je crains que ce ne soit possible pour tout le monde...mercredi 2 avril 2008
Chavín de Huántar 3
mardi 1 avril 2008
Piratería : ils sont forts ces Péruviens
Je ne rentrerai pas à SciencesPo.
Je reste au Pérou. Tant pis pour mon Master-mondialement-réputé-à-Paris. La spécialité d'archéologie de la Católica est d'aussi bon niveau, et au moins, il y a de quoi faire. Tant de sites à fouiller, à restaurer. Tant de culture à découvrir.
Je continuerai donc les études à la PUCP, ce qui devrait prendre encore deux ans, puis je pourrai préparer une thèse.
Sacrée administration de SciencesPo.
"Chers étudiants,
Votre séjour d’études touchera bientôt à sa fin. Nous espérons qu’il se déroule bien et qu’il vous apporte beaucoup de satisfaction."
N'importe quoi, je viens à peine de débuter le second semestre !! Et ils voudraient que je leur envoie mon rapport de l'année pour le 19 mai?
Bon, il est vrai qu'à Paris, il y en a qui sont déjà rentrés, et qui ont déjà trouvé de quoi s'occuper (ne serait-ce que par des engagements politiques). Mais les autres, qui travaillent par cette chaleur liménienne, hum?
Toujours est-il que la semaine prochaine, arrivent les voeux pour le Master. Gloups.



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