jeudi 31 janvier 2008

Sur chico - Islas Ballestas

Destination touristique agréable, les Îles Ballestas, surnommées "les Galapagos du pauvre", font partie d'une réserve naturelle au large de Paracas. On s'y rend en vedettes pleines de touristes en gilets de sauvetage.
Pour y accéder, on passe devant "le candélabre", géoglyphe dessiné dans une dune de la presqu'ile de Paracas. Les guides adorent, l'origine reste incertaine et prète à toutes les théories : représentation d'un San Pedro (cactus hallucinogène), ou de la Croix du Sud, par la civilisation Paracas ; signe pirate du XVI ; symbole Franc-macon de San Martin, au XIX ; etc. Il fait environ 170 mètres sur 90.

Les îles Ballestas se trouvent mar adentro, recouvertes d'une étrange brume marine. Elles abritent de nombreuses espèces d'oiseaux, ainsi qu'une colonie de loups de mer. Tous les trois à cinq ans, on vient y extraire le guano. Mais... capitaine, qu'est-ce que le guano? C'est ce qui fit la fortune du Pérou au début du XIXe ! Certains cormorans par exemples produisent 350 grammes PAR JOUR de guano !!! Le cou de la fille assise devant moi peut confirmer le haut rendement de ces volatiles.

Il y a des pingouins de Humbolt, des mouettes péruviennes, des cormorans, bref, tout plein d'oiseaux qui vivent dans un environnement à l'Amerzone : des rochers sublimes avec, signe de présence humaine, un vieux ponton de bois qui sert lors de l'extraction du guano.


Les îles Ballestas abritent une colonie de lobos marinos, ou loups de mer. Ces animaux ont une vie sociale intéressante : les mâles, quatre fois plus gros que les femelles, ont un harem pouvant aller jusqu'à une quinzaine de femelles, mais il leur est socialement défendu d'élever leur petits ; ils se consacrent donc à la reproduction, avant d'aller se reposer entre mâles sur une île à l'écart. Les harems se font et se défont suivant les combats entre mâles. Le chant des loups de mers qui se répercute sur les falaises tient un peu du chant envoûtant des sirènes ; on croirait entendre le choeur d'une cathédrale finlandaise.
Ah! et j'ai aussi vu mes premiers pélicans. Ils correspondent tout à fait à l'idée que je m'en faisais. Mais d'où en ai-je le souvenir ? Il y a des pélicans dans Babar?
Mais non! Un bon point pour ma p'tite soeur : c'était évidemment dans Yakari !

Sur chico - Huacachina

A côté d'Ica, un lieu très prisé lors des fins de semaine par les iquéniens et les touristes étrangers : l'Oasis de Huacachina. Entourée de dunes, c'est un joli ovale de verdure autour d'une étendue d'eau plus ou moins verte. Les activités du coin : sandboarding (du surf, mais sur le sable) et sorties en buggies (tubulares) dans les dunes. Ou, tout simplement, marche dans le désert...
Et pour ceux qui douteraient de mes capacités d'adaptation ou de mon ouverture d'esprit, regardez à quoi ressemblait mon hôtel : ambiance Bob Marley et John Lennon.

Sur chico - Ica

Le Sur chico, ou petit sud, comprend la côte sud du Pérou relativement proche de Lima : Cañete, Chincha, Pisco, Ica, Nazca. Ica est la ville la plus importante.
C'est là que le tremblement de terre d'août dernier a été le plus fort. Les dommages sont toujours visibles, près de cinq mois plus tard : même si le plus gros a été fait, il reste de nombreux tas de gravats sur les trottoirs, des terrains vagues rappellent l'emplacement des bâtiments rasés, presque tous les clochers sont endommagés. Le sanctuaire du Señor de Luren, patron de la ville, fait peine à voir. La plupart des églises sont fermées.
Le musée régional d'Ica, lui, était ouvert. Et il vaut assurément le détour ! Après les salles consacrées aux différentes civilisations qui se sont développées dans cette région désertique, on trouve bien plus intéressant... Des momies, tout d'abord. Parce que la côte sud du Pérou offre les même conditions climatiques qu'en Egypte ou en Chine (sec et désertique) pour la préservation des tissus humains. L'état de conservation est remarquable.


Coutûme intéressante de la culture Paracas (de -700 à 200) : la déformation des crânes. Ces déformations étaient préparées depuis l'enfance par la compression du crâne (port de compresses autour de la tête, berceau spécial...). Au côté esthétique s'ajoutait un motif de distinction ethnique. Drôle de tribu. Ah, et puis ils pratiquaient aussi la trépanation. Et pour les amateurs d'ostéologie, on présente toutes les maladies dont souffraient les corps retrouvés, au vu de l'état de leur squelette. Plus qu'intéressant !

samedi 26 janvier 2008

Musique bis

Quelques chansons de plus pour le plaisir des oreilles :

- Los Caribeños de Guadalupe : Solo muy solo
boomp3.com

- Grupo 5 - Que levante la mano
boomp3.com

- Los Prisioneros (Chili) : El Baile de los que sobran
boomp3.com

vendredi 25 janvier 2008

Museo de Arqueología de la UNT

A Trujillo se trouve un musée d'archéologie, qui rassemble les collections et les résultats des fouilles de l'Université Nationale de la ville. Le bâtiment est superbe, et ce qui est muséologiquement intéressant, c'est qu'ils ont réussi à obtenir des financements étrangers ou privés pour chaque salle. La France ou l'Allemagne ont participé, un Consortium minier ou la brasserie Backus également (ah, la Pilsen Trujillo... un régal !). Une solution à étudier dans un pays où l'Institut National de la Culture manque cruellement de moyens.
Au niveau des collections, on trouve une présentation des différentes civilisations de la Côte Nord, des dioramas (sortes de maquettes avec fond peint), des céramiques très intéressantes (voyez cet homme-crabe ou encore ce canard guerrier, trouvé dans une tombe), deux salle consacrées à la Huaca de la Luna, et une reconstitution d'une des tombes qui y ont été trouvées.
Bref, un beau musée, mais fermé tout le week-end malgré ce qu'en peuvent dire les dépliants officiels.

Alborada - Ananau !

La musique de la dernière vidéo était du groupe péruvien Alborada. Voici une de leurs meilleures chansons !

Et pour que vous sachiez tout, les paroles (en quechua, bien sûr) :


Ananau, ananau
nispaniwashkanky
ñuqallapiñam chay ña wiky.
Ananau, ananau
nispaniwashkanky
wiñaypaqchum ñuqa
qawasqaiky
May runallam kakuchkanky
kaycunallapy waqanaypaq.
Wañuptyqa ñakawanky
manam munanichu chay pasayta.

Hum... cela donne quelque chose comme cela : Ay! quelle douleur, comme j'ai mal, me dis-tu. Tes yeux ne sont que sur moi... Ay! Quelle douleur, ca fait très mal, me dis-tu...
Le quechua est assez difficile à traduire en fait. J'espère que cela vous plait !

jeudi 24 janvier 2008

José Cassinelli

Le Musée Cassinelli, à Trujillo, a été fondé par Don José Luis Cassinelli Mazzei, élégant moustachu surnommé Don Pepe. Petit-fils d’immigrés italiens, né en 1920, il se consacre depuis des décennies à la culture péruvienne, rachetant aux huaqueros (pillards) les pièces qu’il pouvait sauver. Tous les huacos de sa collections sont à usage rituel et non domestique ; ils étaient enterrés dans les tombes pour accompagner les défunts.

Le musée présente des potteries des cultures Salinar, Virú, Mochica (le principal), Chimú, Nasca, Huari, Recuay et Inca. Tout bon archéologue les distingue au premier coup d'oeil. Je n'y suis pas encore.


Le musée Cassinelli se compose d’une seule salle d’exposition, au sous-sol de la station-service appartenant au señor Cassinelli. Le grand projet du señor est de construire un véritable musée, ainsi qu’un hôtel, afin d’exposer convenablement ses collections : sur 5000 pièces, seul un petit millier peut être montré, les autres dormant dans des cartons.

Ce projet est le rêve du Señor Cassinelli. Il passe ses journées, entouré de ses diplômes de citoyen d’honneur de la ville et d'articles de journaux, à consulter les plans de ce qui pourrait être son futur musée. Il pourrait le construire juste à coté, sur le terrain qu’il possède et qui sert de cochera (parking). C’est son rêve. Ce qui le fait vivre et tenir, à 87 ans.

mercredi 23 janvier 2008




Retour à l'Espejo

El Espejo (Le miroir) est situé dans la vallée de Chicama, un peu avant Cascas, à 3 h au nord-est de Trujillo.

Pour y aller, un bus interprovincial qui dessert tous les hameaux et une piste qu'ils ont amélioré depuis septembre dernier. A mi-chemin, les femmes d'un village encerclent le bus en criant : "¡¡¡kekekekekekeeee!!!" ; et en se penchant à la fenêtre, on peut leur acheter lesdit cakes (keke en espagnol), des boissons fraiches, des cacahouettes grillées, etc.

À l'Espejo, la vie coule au rythme paysan, selon la course du soleil, le retour des saisons et la croissance des plantes. On y trouve du coton blanc ou brun [photo] que les femmes filent, des yucas, des mangues que l'on manges telles quelles et entières, des fruits exotiques inconnus... On m'a par exemple offert un tumbo, regardez ces fruits qui pendent de la treille.

El Brujo - Vidéo !

La vidéo promise sur El Brujo ! On peut y voir l'exhumation et l'étude du corps de la Señora de Cao, en 2005, les travaux de restauration de la huaca, et la pose du toit, puis, cerise sur le gâteau, une reconstitution de cérémonie mochica !! :D
Ils ont essayé de restituer l'ambiance, selon la décoration de la place principale : arrivée des prisonniers liés par une corde, danses, etc. C'est assez amusant.

mardi 22 janvier 2008

El Brujo

Autour de Trujillo, il y a de nombreux sites archéologiques, avec, bien sûr, Chan-Chan et la Huaca de la Luna. Tout aussi intéressant mais un peu plus éloigné, il y a le site d'El Brujo. Evidemment, il y a beaucoup moins de tourisme : les trouvailles les plus intéressantes sont très récentes (la tombe de la Señora de Cao a été mise à jour en 2005), le site est éloigné de 60 km de Trujillo, où il y a déjà pas mal à voir, etc. Mais cela en vaut la peine! Il s'agit de LA découverte de la décennie.

Pour ceux qui seraient tentés, c'est très simple :
- sortir de Trujillo par l'avenida Nicolas de Piérola, jusqu'au deuxième Ovalo ;
- prendre un bus interprovincial jusqu'à Chocope (une heure environ) ;
- à Chocope, prendre un combi vers Magdalena del Cao (vingt minutes) ;
- et à Magdalena, prendre une moto-taxi jusqu'à El Brujo (un quart d'heure).
Les agences touristiques le proposent pour 80 Sols, mais on peut très bien le faire soi-même. Je l'ai fait sans problème pour 25 Sols.

Le site se compose de trois huacas, en cours de fouilles depuis 1990. Il a été occupé sans interruption de 2500 avant Jésus-Christ jusqu'à l'arrivée des Espagnols y compris : les ruines de la première église de Magdalena del Cao sont encore là.

Le plus intéressant est la huaca Cao Viejo, dans laquelle on a trouvé, en 2005, la tombe de la Señora de Cao, morte jeune (20-25 ans) vers l'an 300, et qui était une souveraine Mochica, à en juger par la richesse des objets l'accompagnant. Son corps momifié a été retrouvé intact, avec tous ses ornements mortuaires. Les tatouages de ses bras sont encore reconnaissables : serpents, araignées..

En lui-même, le site ressemble beaucoup à la huaca de la Luna ; normal, il est contemporain et de la même culture Mochica. De nombreux murs sont peints, grâce à des peintures minérales qui ont traversé 1700 ans. On retrouve la même disposition arquitectonique : une place pincipale et une pyramide composée de plusieurs plate-formes, orientés vers le Nord. Les frises peintes qui font le tour de la place représentent une cérémonie mochica : l'arrivée des prisonniers attachés par une corde, et destinés à être sacrifiés.
D'ailleurs, lors des sacrifices, on droguait les victimes avec une plante hallucinogène (le San Pedro), on recueillait le sang dans une coupe, et les prêtres le présentaient ensuite au souverain qui le buvait. Miam.
Beaucoup de choses ne sont pas encore ouvertes au public. Un musée est en construction et devrait voir le jour cet hiver, vers juillet 2008.

J'ai récupéré une vidéo du projet archéologique, qui montre la découverte de la tombe, les travaux de restauration et une reconstitution de cérémonie mochica ; j'essaierai de la mettre en ligne si je résoud la difficulté technique (trop lourd pour Youtube).
Pour les germanistes (mais oui, je pense à vous aussi), vous trouverez ici un article du Spiegel et 11 photos sur la question. Les anglophones ont droit au National Geograpic et les hispanophones n'ont qu'à zyeuter ce site.

Et hop, me voilà de retour à Lima après trois jours à Trujillo et dans la sierra! Tout s'est bien passé.


Je vous avais peut-être raconté qu'Ilder, dont nous fêtions l'anniversaire, avait découvert un cimetière Cajamara (une civilisation de la Sierra Norte), intact, et envisageait de le fouiller. Malhereusement, faute de moyens et de temps (il prépare sa thèse sur la céramique Recuay), cela est remis à une date indéterminée, ce que fait que mon été péruvien reste libre pour visiter ce beau pays.
Je vais donc m'y employer comme à l'accoutumée (et vous me connaissez : je vais en profiter).

jeudi 17 janvier 2008

La voie de la guérison est un chemin paisible et serein -ou pas- qui se trouve facilement : soit passer quelques jours sans rien faire... soit utiliser médicaments et remèdes de grand-mère autant de jours, non?

Et puisqu'on a ainsi jeté une malédiction à mon voyage à Nazca, eh bien, j'aurais eu le temps de découvrir d'autres choses sans bouger de mon lit, et je me prépare pour retourner voir un ami qui fête ses 24 ans à Trujillo, samedi prochain. Hop!

lundi 14 janvier 2008

De retour au Pérou

Voilà voilà, je suis de retour au Pérou. Le climat tropical est chaud et humide. Je suis un peu malade. Mais je vais reprendre les voyages, les rencontres, les découvertes. Avant de rentrer dans ma douce France !

vendredi 11 janvier 2008

Paris baille dai yeux

De jour aussi, Paris est très joli. Mais au fond, ce qui est important ce sont les rencontres et les souvenirs que l'on en garde, du Luxembourg aux Tuileries...boomp3.com
Bryce Echenique (grand écrivain péruvien) en a surtout retenu, de Paris, un Alfa Roméo verte et le feu qui passe au vert avant qu'il ne puisse y reconnaître son Amour. Mais bon, ces impressions personnelles n'empêchent pas qu'il y a de très belles choses à voir.

La basilique de Saint-Denys-en-France abrite les tombeaux des rois. Evidemment, nos amis les révolutionnaires se sont empressés d'aller violer les tombeaux pour fondre le plomb des cercueils et profaner les corps des rois, reines et princes en 1793. Ils sont beaux les droits de l'homme. Heureusement, les gisants ont pu être sauvés car destinés à un musée, et lors de son règne, Louis XVIII a entrepris de bienvenus travaux de Restauration dans nombre de monuments. Visite très émouvante pour le philosophe Víctor-Samuel Rivera. Et puis c'est très dépaysant, Saint Denis : en passant par le marché de la Place Jean Jaurès, on se croirait ailleurs... sur un autre continent.

Suite à l'expertise ADN réalisée en 2000, le coeur de Louis XVII, second fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, a été authentifié, mettant fin aux théories survivantistes. Il a été placé dans le caveau des Bourbons. Ah, et détail que je ne connaissais pas, la nourrice de Louis XVII s'appellait... Agathe de Rambaud.

Autre chose très intéressante apprise au musée Carnavalet : je ne suis pas le seul à faire des collections stupides comme celle de pavés. Voici la preuve que les plus grands se sont livrés à ce jeu :

Pierre de la Bastille, donnée à Louis XVI par Hulin, capitaine de la garde nationale de Paris.

Paris baille na iteu.

Il est vrai que l'Hôtel de Ville de Paris ressemble quelque peu à celui de Vannes, les ailes en plus. Du coup, c'est peut-être celui de Vannes que l'ont aurait copié sur le parisien... hum, oui, c'est probable ! Sur la place où se dresse aujourd'hui une patinoire événementielle et citoyenne, il y avait sous la Commune un marché aux rats. Uhuhuh^^.

Paris, je connais déjà depuis deux ans. J'en avais un peu marre à force. Mais y retourner reste un plaisir, la ville étant quand même très belle, surtout de nuit.
Oh, et puis une découverte intéressante, grâce à wikipedia :
François Rambeaud (Voiron 1745, Saint Jean-d'Acre 1799), général de brigade à titre provisoire, tué durant le siège de Saint-Jean-d'Acre, fait partie des 660 personnalités dont le nom est gravé sous l'Arc de Triomphe. Mais il est orthographié... RAMBAUD. Ca vous rappelle quelqu'un?