Il est désormais établi que plusieurs expéditions Vikings se sont établies en Amérique du Nord, dans le Labrador, même si les milieux scientifiques américains ont longtemps refusé d'admettre cette hypothèse (la présence de fausses pierres runiques n'arrangeant pas les choses). Cependant, certains auteurs vont plus loin. C'est par exemple le cas de Jacques de Mahieu, qui défend l'hypothèse d'un peuplement viking en Amérique du Sud.L'idée générale, exposée dans L'agonie du Dieu Soleil - Les Vikings en Amérique du Sud, en 1974, est qu'un groupe de Vikings dirigés par un certain Ullman est descendu en Amérique Centrale, en 967, où Ullman devient le cinquième souverain des Toltèques. Ils apportent leur civilisation, établissent une seigneurie féodale et nombre de termes danois ou germaniques passent dans le vocabulaire nahualt. Quetzalcoatl, le serpent à plume, fait penser aux drakkars, qui ressemblent justement à des serpents ailés. Et la capitale toltèque de Tulla évoque la légendaire Thulé...
Après une révolte, les Vikings partent en 987 vers le Yucatán, promettant de revenir. Ce qui explique le translatio imperii : quand Hernán Cortés arrive au Mexique en 1519, l'empereur aztèque Moctezuma déclare qu'il n'est empereur que dans l'attente des Dieux Blancs barbus qui doivent revenir, et lui remet son empire presque sans résistance. Et Cortés justifie aussitôt son autorité par ce "transfert de puissance".
Après une période de domination des Mayas, et un métissage avec les élites locales (les chroniqueurs espagnols du XVIe parlent de populations blanches), une nouvelle révolte les pousse à descendre plus au Sud. Selon certains archéologues colombiens, ils passent par la Colombie avant d'arriver dans les Andes péruviennes. D'après Jacques de Mahieu, ils débarquent sur la côte nord du Pérou où, en effet, la légende de Naymlap évoque l'arrivée, autour de l'an 1000, d'un chef guerrier et de sa troupe, qui fonde de fait la civilisation Lambayeque (appelée aussi Sicán, par Shimada, le grand archéologue de Harvard spécialiste de la côte Nord). La légende de Naymlap, transmise par tradition orale, est recensée par divers chroniqueurs du XVI et XVIIe siècle et correspond effectivement aux évidences archéologiques liées à l'avènement de Lambayeque.
Cependant les Vikings n'y restent guère, et se retrouvent bientôt dans les Andes, partagés entre l'Amazonie et l'actuel Paraguay. Au Pérou, ils seraient à l'origine de la civilisation Chachapoyas et dirigeraient un temps l'élite des Incas.
Tout ceci s'argumente par les diverses chroniques qui évoque des "hommes blancs" et "barbus" (authentique), la présence de runes gravées sur de nombreuses pierres (beaucoup de faux avérés), la ressemblance des mythes indigènes et scandinaves, le culte du soleil, l'étymologie nordique, etc. Lire en particulier ce site dédié à l'Odinisme ou cette critique Zététique. Mais Jacques de Mahieu a eu la mauvaise idée d'exploiter le filon et de faire intervenir par la suite l'ordre du Temple (avec "Les Templiers en Amérique") qui auraient financé la construction des cathédrales par l'or américain transmis par les Vikings, d'y rajouter des phases de christianisation de l'Amérique antérieures à la Conquista (par des moines irlandais, bien sûr), et diverses considérations sur la domination de l'homme blanc qui apporta sa technique évoluée et son gouvernement paternaliste aux civilisation préhispaniques. Le vichyssois ressort sous l'émigré argentin. Engagé dans la Division Charlemagne, Jacques de Mahieu émigre en Amérique du Sud après la Seconde Guerre Mondiale, où il participe au péronisme (très clément envers les réfugiés), et devient un universitaire respectable : professeur à l'université de Buenos Aires, anthropologue, économiste, sociologue, historien, il publie près d'une vingtaine d'ouvrages jusqu'à sa mort en 1990.
L'ésotérisme et la pensée d'extrème droite sont deux clés importantes pour relire et interpréter ses théories. Comme bien d'autres auteurs ésotéristes des années 70, il mélange allègrement les civilisations et les faux documents, comme les pierres runiques, saupoudre d'étymologie, de
rapprochements faciles (voir le lien entre les drakkars et les barques du lac Titicaca) et d'apparente érudition. Sur le compte de l'influence d'extrême droite, on peut mettre la fascination pour les civilisation nordiques, la domination de l'homme blanc, la civilisation chrétienne, le contrôle des élites des diverses civilisations, etc. L'allusion à Thulé n'est pas forfuite : dès l'antiquité, Thulé était une île située tout au nord de l'Europe, et Ultima Thulé représentait la terre la plus septentrionale connue (l'Islande ?). La Société Thulé, dans l'Allemagne des années 1920-1940, recherchait dans l'Hyperborée l'origine de la race aryenne.
De fait, en-dehors de quelques gravures interprétées comme nordiques, et des traditions orales du retour de l'homme blanc et barbu, aucune évidence archéologique ne vient sustenter les dires de Mahieu. Parce qu'en archéologie, où on sait particulièrement bien étudier les ruptures et continuités (j'ai par exemple des pages entières sur l'évolution des formes de l'oeil, ou des taches de pelage du félin, afin de déterminer si l'iconographie d'une certaine phase pouvait être une transition vers la phase Chavín...), il n'y a aucun changement culturel pouvant justifier une irruption viking en Amérique du Sud.
L'hypothèse était trop belle...
Après une révolte, les Vikings partent en 987 vers le Yucatán, promettant de revenir. Ce qui explique le translatio imperii : quand Hernán Cortés arrive au Mexique en 1519, l'empereur aztèque Moctezuma déclare qu'il n'est empereur que dans l'attente des Dieux Blancs barbus qui doivent revenir, et lui remet son empire presque sans résistance. Et Cortés justifie aussitôt son autorité par ce "transfert de puissance".
Après une période de domination des Mayas, et un métissage avec les élites locales (les chroniqueurs espagnols du XVIe parlent de populations blanches), une nouvelle révolte les pousse à descendre plus au Sud. Selon certains archéologues colombiens, ils passent par la Colombie avant d'arriver dans les Andes péruviennes. D'après Jacques de Mahieu, ils débarquent sur la côte nord du Pérou où, en effet, la légende de Naymlap évoque l'arrivée, autour de l'an 1000, d'un chef guerrier et de sa troupe, qui fonde de fait la civilisation Lambayeque (appelée aussi Sicán, par Shimada, le grand archéologue de Harvard spécialiste de la côte Nord). La légende de Naymlap, transmise par tradition orale, est recensée par divers chroniqueurs du XVI et XVIIe siècle et correspond effectivement aux évidences archéologiques liées à l'avènement de Lambayeque.
Cependant les Vikings n'y restent guère, et se retrouvent bientôt dans les Andes, partagés entre l'Amazonie et l'actuel Paraguay. Au Pérou, ils seraient à l'origine de la civilisation Chachapoyas et dirigeraient un temps l'élite des Incas.
Tout ceci s'argumente par les diverses chroniques qui évoque des "hommes blancs" et "barbus" (authentique), la présence de runes gravées sur de nombreuses pierres (beaucoup de faux avérés), la ressemblance des mythes indigènes et scandinaves, le culte du soleil, l'étymologie nordique, etc. Lire en particulier ce site dédié à l'Odinisme ou cette critique Zététique. Mais Jacques de Mahieu a eu la mauvaise idée d'exploiter le filon et de faire intervenir par la suite l'ordre du Temple (avec "Les Templiers en Amérique") qui auraient financé la construction des cathédrales par l'or américain transmis par les Vikings, d'y rajouter des phases de christianisation de l'Amérique antérieures à la Conquista (par des moines irlandais, bien sûr), et diverses considérations sur la domination de l'homme blanc qui apporta sa technique évoluée et son gouvernement paternaliste aux civilisation préhispaniques. Le vichyssois ressort sous l'émigré argentin. Engagé dans la Division Charlemagne, Jacques de Mahieu émigre en Amérique du Sud après la Seconde Guerre Mondiale, où il participe au péronisme (très clément envers les réfugiés), et devient un universitaire respectable : professeur à l'université de Buenos Aires, anthropologue, économiste, sociologue, historien, il publie près d'une vingtaine d'ouvrages jusqu'à sa mort en 1990.
L'ésotérisme et la pensée d'extrème droite sont deux clés importantes pour relire et interpréter ses théories. Comme bien d'autres auteurs ésotéristes des années 70, il mélange allègrement les civilisations et les faux documents, comme les pierres runiques, saupoudre d'étymologie, de
rapprochements faciles (voir le lien entre les drakkars et les barques du lac Titicaca) et d'apparente érudition. Sur le compte de l'influence d'extrême droite, on peut mettre la fascination pour les civilisation nordiques, la domination de l'homme blanc, la civilisation chrétienne, le contrôle des élites des diverses civilisations, etc. L'allusion à Thulé n'est pas forfuite : dès l'antiquité, Thulé était une île située tout au nord de l'Europe, et Ultima Thulé représentait la terre la plus septentrionale connue (l'Islande ?). La Société Thulé, dans l'Allemagne des années 1920-1940, recherchait dans l'Hyperborée l'origine de la race aryenne.De fait, en-dehors de quelques gravures interprétées comme nordiques, et des traditions orales du retour de l'homme blanc et barbu, aucune évidence archéologique ne vient sustenter les dires de Mahieu. Parce qu'en archéologie, où on sait particulièrement bien étudier les ruptures et continuités (j'ai par exemple des pages entières sur l'évolution des formes de l'oeil, ou des taches de pelage du félin, afin de déterminer si l'iconographie d'une certaine phase pouvait être une transition vers la phase Chavín...), il n'y a aucun changement culturel pouvant justifier une irruption viking en Amérique du Sud.
L'hypothèse était trop belle...

2 commentaires:
Bonjour,
Je suis tombé par hazard sur ton blog et je le trouve super intéressant.
J'ai passé 6 mois en Bolivie, à Tarija et j'ai eu l'occasion d'entendre cette hypothèse des vikings en Amérique Latine.
Il se trouve que cette théorie est apparemment appris en cours d'histoire à Tarjia.
Et il est vrai qu'il existe des communauté de blancs blonds au yeux bleux dans cette région.
J'ai eu l'occasion d'en croiser et vu leurs déformations physiques et leur apparente débilité la consanguinité ne date pas d'hier ...
Après de là a dire que ce sont des vikings du XIe siècle je ne m'avancerais pas ...
Article fascinant... Je tombe par hasard sur ce blog, et je découvre très étonné cette hypothèse... En revanche, il est vrai que cela pue les idées nauséabondes, mais en tous cas, voilà une belle histoire...
Bonne continuation et au plaisir de vous relire,
François
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