dimanche 30 septembre 2007

Foin des flutes de pans andines et des versions hispanisantes de classiques français (si vous voulez, j'ai aussi la "Nathalie" de Gilbert Bécaud en espagnol), je vais aujourd'hui vous infliger du Ploucsta'Rap. Version rurale du Gangsta-Rap, bien plus sympathique à entendre.
Je sens se "déployer les énergie des territoires", comme l'eut dit Ségolène. Fais pas ton Cake, Mec, on a la brioche.

Euh... et pour les non-initiés, le "beat" (comme dans "beat per minute") c'est le battement, donc le rythme des chansons.

Les Français se plaignent toujours

...Ca marche parfois.
Customer Care
Monsieur Rambaud,
Nous sommes désolés d'apprendre que vous avez manqué votre correspondance à Atlanta en route pour Lima lors de votre voyage avec Delta le 7 août dernier.
Le "Transport Security Administration" a été formé suite à la tragédie du 11 septembre 2001 et a la responsabilité de veiller à la sécurité du public. Un système a été mis en place pour inspecter les bagages à tous les aéroports des Etats-Unis. Dans certains cas, les enquêteurs ouvrent les bagages des passagers en tant qu'élément du processus de sécurité. Il en résulte des lenteurs qu'il faut respecter étant donné l'importance de ces contrôles.
Le temps légal de correspondance à Atlanta pour un vol venant de la France en direction du Pérou est de 90 minutes, ce qui s'avère suffisant pour faire la correspondance [ou pas! NDLR].
Nous regrettons sincèrement que vous avez manqué de temps cette journée-là et en guise de notre bonne foi, nous vous faisons parvenir, par courriel séparé, un crédit de voyage de $ 100,00 USD. Ce crédit de transport est valide pour un an de la date d'émission. Veuillez en lire les termes et conditions.
Nous espérons, monsieur Rambaud, le tout à votre satisfaction et nous vous souhaitons un beau séjour au Pérou.
Lynne Labelle,
Relations Clientèle.
Ca c'est gentil :) ...même si c'est sûrement fait de telle sorte que je ne puisse pas l'utiliser. Pas grave, au moins ça a marché.

samedi 29 septembre 2007

Merci Free

21 nouvelles destinations incluses dans le forfait Freebox

Fidèle à sa stratégie d’offrir toujours plus de services pour un prix constant (29,99 euros/mois), Free enrichit son offre de téléphonie illimitée vers les lignes fixes en incluant les appels vers 21 nouvelles destinations internationales, portant à 70 le nombre de destinations incluses dans son forfait Freebox :
Alaska, Bahamas, Brésil, Brunei, Bulgarie, Chili, Corée du sud, Croatie, Gibraltar, Guam, Hawaï, Jordanie, Lettonie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Panama, Pérou, Puerto Rico, Roumanie, Thaïlande, Venezuela
Avec le forfait Freebox, les abonnés bénéficient d’une offre de téléphonie qui inclut les appels illimités en nombre sur la France vers les postes fixes y compris vers les Box (numéros en 09x ainsi que 087x) de l’ensemble des opérateurs.


Pour bénéficier de ces nouvelles destinations, il suffit aux abonnés inscrits avant le 10 septembre de se rendre dans leur console de gestion (www.free.fr) et de valider les nouvelles conditions générales de ventes (CGV) applicables à compter du 01/10/2007. Les nouveaux abonnés bénéficient de cette offre automatiquement. Les modifications apportées aux CGV du 11/07/07 ne portent que sur la seule brochure tarifaire (ajout des 21 nouvelles destinations). Passé le 1er octobre 2007, l’application de la nouvelle grille tarifaire sera effective dans un délai de 24 heures à compter de la validation des nouvelles CGV.

vendredi 28 septembre 2007

Oh là là !

D'après vous, quelle peut bien être la première chose à laquelle pensent des Péruviens lorsqu'ils rencontrent un Français ?
- La tour Eiffel et les Champs-Elysées ?
- Zidane et la coupe du monde 1998 ?
- Le Président Chirac, De Gaulle, Napoléon ou Louis XIV ?

Vous n'y êtes point.
A part les "Parlez-vous français" (chance, j'ai échappé au "voulez-vous coucher avec moi ce soir"), la perception du Français au Pérou se résume plutôt à...
Oh là là !

Oh là là ! Ces trois petits mots semblent résumer la frivolité, l'humour, la subtilité, l'élégance, le génie français. Etrange et pourtant très répandu : nombreux sont les Péruviens à me l'avoir sorti, des vigiles de la résidence aux chauffeurs de taxi, en passant par Adela et les étudiants de la Fac. Oh là là! Et les Français disent vraiment ça? !!Qué lindo!! Je n'avais pas encore prêté une telle attention à cette interjection.
Hier, Rossy m'a apporté quelques cartes postales françaises (une de ses tantes a habité en France au début du XXe), des antiquités splendides, genre "Tendres Baisers - 1912". Sur l'une d'elle, une représentation théâtrale, avec en légende quelques phrases de la protagonistes, commençant par "Oh là là...!". D'où une hypothèse : ce serait véhiculé depuis le XIX-XXe par les Français passés par ici.
Un chauffeur de taxi, apprenant ma francitude, me dit aussitôt : "Ah, j'avais un ami français... il est mort depuis... il avait fait la guerre contre les Allemands. Sa grande phrase, c'était "Oh là là", il le disait tout le temps..."

C'est vrai qu'ils manquent de cette interjection ici. C'est parfois remplacé par un "ouhhhh", mais sans avoir toute la subtilité de notre Oh là là. Etrange. L'enquête continue.

mercredi 26 septembre 2007

La Sierra - Fin de semaine chez Ilder

Lors de mon dernier WE, j'avais rencontré dans le Musée Cassinelli (les collections du Señor Cassinelli abritées au sous-sol d'une station-service de Trujillo) un jeune archéologue péruvien. Laissez-moi vous les présenter :


Il m'avait invité à visiter un site pas encore fouillé la semaine suivante : refusant rarement une invitation honnête, j'étais donc revenu à Trujillo. Finalement, il m'a invité chez ses parents, en el campo, à trois heures de bus. Chance, nous avions des places assises (on peut très bien payer et rester debout... voire sur le toit!). Après le désert, on passe par des champs de canne à sucre, avant de commencer à monter, sans s'en rendre compte, à 1500 mètres d'altitude. Les rizières succèdent à la caña de azucar. Eh oui : l'immigration chinoise du XIXe a apporté avec elle le riz! Il fait maintenant partie de 90% des plats péruviens. L'immigration, une chance pour le Pérou ?

Au milieu de la vallée, il y a un pont. La corruption est manifeste : d'un côté, l'alcade est indépendant, la piste de terre est assez mauvaise. De l'autre, c'est un Apriste (Alliance Populaire Révolutionnaire Américain, parti corrompu au pouvoir), et le bus roule... dans le lit d'une rivière à sec. Enfin, même pas partout à sec.
Arrivée de nuit chez ses parents et soeurs. Il faut disputer le robinet d'eau aux poules. Sol de terre battue. Marmites sur feu de bois. Cuys qui cuycuyent près de la cuisine. On dîne, éclairés par une bougie qui tient au mur par de la cire fondue. Je ne peux m'empêcher de penser à la Famille de paysans de Le Nain. Heureusement que j'ai été scout, l'adaptation reste raisonnable. Avec Ilder, on part ensuite sur des bicyclettes dégonflées pour une fête, plus bas dans la vallée. En l'honneur de la Virgen de Mercedes et de la Très Sainte Croix de Motupe, que fait-on? On danse la cumbia et on boit avec nuestro amigo Pilsen Trujillo (la bière locale). Méprisée par les Liméniens, la cumbia est la danse populaire, assez simple ; ça se danse à deux, ou plutôt face à face, sans se toucher. Tout est dans le jeu de jambes et le mouvement des bras. J'aime.

Le lendemain (réveil difficile...) nous partons tous les deux en vélo. Le paysage est sublime : une vallée ("El espejo", le miroir), et un fleuve qui coule entre des montagnes zénormes (3000m?). Et la "huaca El espejo", champ de ruine où Ilder rêve de pouvoir mener des fouilles sérieuses... On reconnaît les fondations des bâtiments. Les fragments de céramiques affleurent. Quelques huaqueros (pilleurs de tombes) ont un peu creusé.
Retour à la maison, où l'on abat une dinde pour le déjeuner. L'après-midi, j'ai le droit à une douche, dans l'enclos des chevreaux. La prochaine fois, j'irai dans le fleuve.

vendredi 21 septembre 2007

Cerro Sechin

Sur la route magnifique et désertique du retour vers Lima, je réussis à arriver à temps à Casma. A quelques kilomètres de là, le Cerro Sechin est un temple parmi les plus anciens du Pérou : 3800 ans d'âge...
Alors qu'on gravait à peine quelques crosses sur nos menhirs bretons, les "anciens Péruviens" gravaient déjà des guerriers sur toutes les pierres... Guerriers victorieux, têtes décapitées, bras, sang, rictus gravés pour toujours ! Fabuleux...

Pour les hispanophones, en voici une présentation intéressante.
Il faisait presque nuit, lorsque je suis reparti vers Casma... à pied dans la campagne déserte... et pas éclairée... quatre kilomètres dans le noir ? L'aventure !
Malheureusement, une mototaxi a fini par passer, et je me suis serré entre une vieille édentée et une mère avec son bébé dans les bras. Puis de Casma, bus de nuit pour Lima, où je suis arrivé vers 2h du matin (en ayant cours le lendemain à 8h).

Vous savez quoi ?

J'aime le Pérou ! !

La Costa Norte - Huanchaco

Lors de mon Week-end, je logeais à l'Hôtel Naylamp, à Huanchaco (station balnéaire près de Trujillo), comme le recommandait fortement le guide du Routard. Et ils n'ont pas tord, les bougres !! Voici une superbe présentation de l'hôtel, et des pêcheurs qui sortent tous les jours en mer, sur leurs caballitos de totora...





Ah! et l'anecdote de la semaine :

Dans le bus, un soir... une petite fille me regardait bizarrement... et sa mère aussi... avec insistance... alors je finis par lui demander : ¿Nunca has visto a un francés? Et sa maman me répond... que c'est parce que j'ai les yeux bleus... qu'elle n'en a jamais vus... et qu'elle croit que je suis aveugle...
Ch'est trop mignooon les petites péruviennes !!
Sinon, j'ai rencontré sur la plage de Huanchaco Miguel, le propriétaire de la Casa Ganoza Chopitea, une des maisons coloniales de Trujillo (la maison du portail aux lions), qui m'a fait visiter sa maison le lendemain ! Il veut l'aménager en hôtel pour l'année prochaine. Je lui ai transmis les coordonnées du Routard pour qu'il s'y fasse référencer.
Trujillo est une ville fondée par les Espagnols, sur l'inévitable plan en damier. La Plaza de Armas est très colorée. J'ai même pu assister à la cérémonie dominicale du Salut au Drapeau (les écoliers de la ville défilent au pas, en fanfarre et en uniforme autour de la Plaza de Armas).
Imaginez que dans la même journée : j'ai vu partir les pêcheurs sur leurs caballitos de totora, j'ai visité la casa Ganoza, la Huaca de la Luna, le Cerro Sechin... et surtout la route pour aller à Casma, la Panaméricaine Nord, qui passe au milieu du désert, entre les dunes, les montagnes et la mer... si j'étais pessimiste, je penserais alors que je vis les meilleures années de ma vie. Parce que c'est dur d'être aussi heureux.

Les photos sont en ligne !

Bonne nouvelle ! Vous pouvez maintenant acceder aux albums en ligne à l'adresse suivante :
http://picasaweb.google.fr/francois.rambaud/. Les voilà sauvegardées en sécurité !

jeudi 20 septembre 2007

Curanderismo !

Le billet d'entrée de Chan-Chan est valable pour quatre endroits : la citadelle Tschudi, le musée du site, la Huaca Esmeralda et la Huaca del Arco Iris.
Ayant rencontré deux compatriotes à l'hôtel (Louis, négociant bordelais en vin, et Céline, de l'Alpe-d'Huez), nous avons visité ensemble ces quatre lieux dans la journée.
La Huaca Esmeralda, comme la bohémienne hugolienne, tire son nom des Emeraudes qu'on y a retrouvé, et qui viennent de Colombie ; il y avait aussi des Lapis-Lazuli (du Chili) et des Topazes (d'Equateur), ce qui montre la richesse des échanges à l'époque. Architecturellement, cette huaca est bien moins intéressante que les autres.

La Huaca del Arco Iris vaut le coup d'oeil. Elle était surnommée Huaca del Dragon avant qu'on ne se rende compte que les "dragons" de ses fresques étaient plutôt... des têtes de chiens viringo, ce chien péruvien sans poil qui gardait le temple. Rita, notre charmante guide, nous a également mis au courant des pratiques du Curanderismo... Les curanderos étant les "guérisseurs", connaissant les secrets des plantes, ayant reçu le don de leurs parents et des parents de leurs parents. Ferreñafe, plus au Nord, est d'ailleurs surnommé la "terre de la double foi", le christianisme y cohabitant avec les croyances ancestrales. Une vidéo d'anthologie !




mercredi 19 septembre 2007

La Costa Norte - Huaca de la Luna

Je l'ai visitée chronologiquement plus tard, mais pour une meilleure compréhension historique, voici la présentation de la Huaca de la Luna, également de la civilisation Mochica, mais située près de Trujillo.

Huaca signifie "quelque chose de sacré" en quechua ; par extension, "temple" ; par généralisation abusive, la quasi-totalité des pyramides péruviennes. De même, le nom de "huaca de la luna" a été donné par les Espagnols en comparaison avec les pyramides mexicaines qui associent Soleil (grande pyramide) et Lune (plus petite). Mais sur le site, s'il y a bien deux pyramides, elles n'ont rien à voir avec le Soleil et la Lune.

Il s'agit ici d'une pyramide de six degrés, de 21 mètres de haut, construite entre le IIe et le VIe siècle. Des fouilles et des travaux de restaurations y sont menés depuis 1990. Le bouleversifiant de la chose, ce sont les bas et hauts-reliefs polychromes, dont les couleurs (d'origine minérale) se sont magnifiquement conservées. Enjoy.

mardi 18 septembre 2007

La Costa Norte - Chiclayo

Première étape de mon tour dans le Nord : Chiclayo, "ville de l'Amitié". C'est dans cette région que s'est développée la civilisation Mochica, entre le Ier et le VIème siècle après Jésus-Christ. Civilisation guerrière, avec des sacrifices humains particulièrement violents, des céramiques facilement identifiables (beaucoup de vases-portraits polychromes, des poteries érotiques...).

A Lambayeque, le Musée des Tombes Royales, construit en 2002 en forme de pyramide Mochica, abrite les résultats des fouilles menées depuis 1987 à Huaca Rajada : ce temple abritait diverses tombes, dont celle du "Señor de Sipan". Ca ne vous dit rien ? Bon, pensez à Toutânkhamon. Transposez au Pérou, il y a 1750 ans... vous commencez à avoir un aperçu. C'est la plus riche tombe découverte en Amérique !

Une des boucles d'oreille du Señor de Sipan
Comme les fouilles ont été menées en partenariat avec le National Geographic, le musée présente chronologiquement les fouilles, et la tombe se dévoile peu à peu. Le susnommé Señor de Sipan était enterré avec trois jeunes femmes, deux guerriers, un enfant, un garde, une servante, un chien et deux lamas. Lui-même portait tout plein d'ornements en or d'un raffinement impressionnant.

Toujours à Lambayeque, le Musée Brüning, plus ancien et plus petit, recèle quelques collections intéressantes, ainsi que divers objets en or.


Rituel medicinal...




En combi puis moto-taxi, je pars ensuite pour Tucume, site où se trouvent 26 pyramides datant elles aussi de 1700 ans. Des hauteurs, la vue est magnifique. Une petite présentation vidéo ?





Vous trouverez sur ce site une présentation plus large, ainsi qu'une hyptothèse intéressante sur les sacrifices humains, la destruction par le feu et l'abandon du site après l'arrivée des Espagnols.

Après un déjeuner sur le site (1 euro, chicha -boisson à base de maïs- comprise), me voilà parti à travers la campagne pour Ferreñafe. Je m'y suis fait conduire en moto-taxi, plutôt que de repasser par Chiclayo en combi ; je contribue ainsi à nourrir la famille du chauffeur, tandis que me surprend un rêve étrange et familier de colonies. Cf la vidéo. A Ferreñafe, un dernier musée : celui de Sican (ne pas confondre avec Sipan). Très pédagogique, il présente par exemple les méthodes de céramique ou d'orfèvrerie. En ce qui concerne les premières, c'est exactement ce que je suis en train d'apprendre (Hugo, le professeur, ne nous ment donc pas), ou encore les influences d'El Niño sur le climat.


La fabrique des authentiques huacos du Señor de Sipan ?


Le soir, je prend un bus pour Trujillo, plus au nord : je dormirai à Huanchaco, station balnéaire de Trujillo recommandée par mon ami le Guide du Routard.

lundi 17 septembre 2007

La Costa Norte

Je crois bien que je suis tombé amoureux...
¡¡ DU PEROU !!


Week-end fabuleux dans la Côte Nord ! Il me faudra une bonne semaine pour vous raconter tout ca ! J'ai pris près d'un giga de photos et videos...

Un aperçu du tour :

Jeudi soir, départ en car pour Chiclayo, dans le Nord du pays (11 heures de route) ; visite des environs tout le vendredi, puis repli sur Trujillo, 2h plus au Sud, le soir même ;

Le samedi, visites autour de Trujillo de sites de la culture Chimu ;

Le dimanche, dernières visites dans la région, puis retour à Lima en passant par Casma.

Pour optimiser les visites, j'avais bien préparé les déplacements, par internet et grâce au Guide du Routard. Mais je ne pensais pas pouvoir être émerveillé à ce point chaque jour !

jeudi 13 septembre 2007

Mercado Magdalena

En sortant de cours, aujourd'hui, j'ai été à Magdalena. C'est un quartier pas loin, où j'avais à faire avec un photocopieur. J'ai un contrôle de lecture mercredi sur El mundo hispanoperuano, 1532-1560 (The Spanish Peru), et puisque les prêts de la bibliothèque sont limités à trois jours, j'ai été apporter hier le bouquin dans une boutique où ils me l'ont photocopié. En mieux, et relié avec des belles spirales noires. Ici la loi sur le droit d'auteur est bien moins contraignante, et de toutes façons pas appliquée. Et puis la moitié des livres de la bibliothèques sont également des photocopies... Ca évite les déprédations des originaux.


A Magdalena, il y a bien sûr une jolie petite place avec une mignonne petite église, mais il y a surtout un marché. On y vend essentiellement de l'alimentaire ; des fruits et des gumes inconnus, du maiz morrada (noir! on en fait un alcool, la chicha morrada) ; on y trouve aussi et surtout toutes sortes de viandes ; comme les règles d'hygiène ne sont pas les mêmes qu'en France, on peut y retrouver des souvenirs du siècle passé, et sentir revivre les marchés d'autrefois, à voir pendre les dindes par le cou, s'empiler les poulets et même (mais ils n'étaient plus là aujourd'hui) s'étendre sur l'étal deux porcs entiers, énormes, repus et bien lisses. Voyez donc :


Ah! et sinon, j'ai mangé du Cuy aujourd'hui! Du Cuy, oui! Prononcer cou... non, ne pas prononcer. Vu comme ça, ça n'a l'air de rien, mais il faut l'imaginer vivant, petit, et couinant des petits "cuy! cuy!" le matin même. C'est -enfin, c'était, pauvre bête- un cousin du cochon d'Inde. Pas mauvais et plein de protéines, mais un peu élastique.
A Noël, je les verrai vivants :)

samedi 8 septembre 2007

Museo de la Nacion

"Un des "grands travaux" (comprenez un beau bâtiment en béton) du Président Garcia lors de son premier mandat", voici l'alléchante description du Routard.

Je confirme, c'est un TRES grand bâtiment en beau BETON : pour abriter le musée dédié à l'histoire nationale, Alan Garcia n'a pas trouvé mieux que le bâtiment du... ministère de la Pêche. Il ne devait pas avoir *gr'anchois*, et c'est dommage que cette horreur ne soit pas *détruite*. Heureusement, le contenu n'est pas à lavement. Voyez plutôt.



Les péruviens étant, comme la plupart des Sud-Américains, assez patriotiques, cela donne d'amusants résultats. Ainsi, on y apprend qu'il y a plus de cinq mille ans, un expert péruvien [sic] réalisa les premières sculptures du continent américain, qui soient connues.
Ces pièces uniques sont le témoignage du talent de nos créateurs et de l'ancienneté de notre culture.
Quels fortiches. Mais pourquoi n'attribuerait-on pas Lascaux et la grotte Cosquer "à l'expert français inconnu" (ou à sa femme) ?

Mais à part cela, le musée est fort sympatique : on y trouve de nombreuses reconstitutions, de tombes en particulier, des maquettes à foison, et une présentation générale des noooombreuses civilisations qui se sont succédées dans cette partie des Andes qui est devenue le Pérou.

Il y a également beaucoup de répliques d'objets célèbres : la stèle Raimondi, l'obélisque Tello, le totem de Pachacamac (qui se présente sous la forme d'un bâton de bois sculpté, à deux visages, et que je viens de rajouter à l'article sur Pachacamac), mais aussi des pans entiers de murs de divers sites. Ce qui est pratique, avec ces reconstitution, c'est qu'on ne risque pas de casser LA merveille archéologique en s'approchant trop près. On peut donc se permettre quelques excès (mettre son doigt dans le nez d'un bonhomme, par exemple).

Personnellement, j'ai beaucoup aimé ces deux statues, qui ressemblent étrangement aux premières formes de la sculpture grecque (cf la première vitrine des Antiquités Grecques du Louvre) : de pierre blanche, stylisées à l'extrême, tellement anciennes qu'elles en seraient modernes... les mêmes, vous dis-je ! Ah, de l'universalité du beau en Art !

Viva el Peru, compañero... et tout ceci pour un prix dérisoire (étudiants : 3,5 sols l'entrée, soit moins d'un euro) et deux bonnes heures de visite avec Klaus!

vendredi 7 septembre 2007

Analyse des Matériaux Céramiques

Les derniers sondages faisant état du souhait général de voir plus **d'humour** sur ce blog, je vous livre en exclusivité le sujet de mon premier contrôle de lecture péruvien, en Analyse des Matériaux Céramiques :
"Según Arnold, el clima y medio ambiante actúan como mecanismos reguladores de la produccion de ceramica. ¿Qué propriedades (y como) de los desgrasantes o aplasticos sirven como mitigadores de algunos problemas causados por estos mecanismos reguladores?

Traduction : "selon Arnold, le climat et le milieu ambiant agissent comme mécanismes régulateurs de la production de céramique. Quelles propriétés (et comment) des "dégraissants" ou "non-plastiques" (temper or non-plastic) servent à atténuer certains des problèmes causés par ces mécanisme régulateurs ?" Comme vous le voyez, c'est assez joyeux. Bon, il s'agit de la partie la plus technique sur la composition de l'argile. Mais pour les contrôles de lecture, qui ne servent qu'à vérifier que les lectures obligatoires ne sont pas négligées... on peut répondre en gardant les textes sous les yeux! Petits veinards de péruviens.

Le reste du temps, surtout en Pratique, on s'amuse bien. Jugez plutôt. On apprend, avec le professeur Ikehara (Hugo ou Huguito pour nous) à dessiner des vases, des huacos, des poteries, des fragments, pour pouvoir les présenter comme le font les bilans de fouilles ; plus tard dans le semestre nous nous essaierons nous-même à la poterie. Et dire que c'est cautionné par Sciences Po...
Un petit résumé d'un texte du suscité Arnold (avec Arroz, surnom affectueux de Prudence M. Rice*, c'est un des spécialistes de la "pottery analysis", dont nous nous farcissons les textes en anglais) pour vous donner une idée de ce genre de petites choses qui me plaisent autant que l'oeuf de colombe* :

Prenons les civilisations anciennes des Andes centrales.
  1. Si les conditions climatiques étaient les mêmes qu'aujourd'hui, la production de céramique devait être suspendue durant la saison des pluies (un temps trop humide ne permet pas de faire de bonnes poteries). Les potiers (appelons-les Harry*, le texte est en anglais) devaient donc être également agriculteurs pour subsister durant la saison des pluies.

  2. Si ces potiers étaient spécialisés à temps complet dans la poterie (comme des fouilles l'ont montré), ils ne pouvaient pas exercer dans les mêmes zones qu'aujourd'hui, du fait du climat peu clément (perdre sa production était bien trop risqué).

  3. Donc, les potiers à temps complet devaient travailler dans des zones sèches, où l'agriculture n'était pas dépendante des précipitations, mais de l'irrigation. Ce qui limite les zones de production possible aux basses montagnes et à la forêt subtropicale, zones les moins humides des Andes centrales. Et hop, on découvre les 6 ou 7 lieux de production de céramique des Andes. Etonnant, non?

mardi 4 septembre 2007

San Francisco... (le couvent)

Le Couvent San Francisco est situé à quelques cuadras de la Plaza Mayor. Détruit par le tremblement de terre de 1655, il a été rebâti de 1657 à 1674, dans le style baroque de Lima. Ses tours un peu massives lui permettent de bien résister aux mouvements sismiques. L'église a été élevée en 1963 au titre de Basilique Mineure, et le couvent est aujourd'hui un des centres religieux les plus visités du Pérou. Les photos et vidéos y sont interdites. Mais je suis Français, et l'université nous en offrant la visite, alors que je l'avais déjà visité avec Adela, je me suis permis quelques discrets clichés.
Le couvent possède deux cloîtres, les moines conservant le second, plus petit. Les colonnes sont décorés d'azulejos, ces faïences importées de Séville. A l'origine, tous les murs étaient recouverts de fresques. Celles-ci s'étant dégradées (certifiées XVIIe, quand même...), elles sont aujourd'hui pour la plupart recouvertes de peintures un peu plus tardives présentant la vie de Saint François d'Assise.
Le Couvent abrite l'une des plus belles et plus anciennes bibliothèques du pays, avec 25 000 volumes, celle qu'on voit en photo dans tous les guides touristiques avec ses incunables magnifiques... mais qu'il est strictement interdit de photographier. Les stalles de bois installées sur la mezzanine au-dessus de l'église sont splendides ! On profite également d'une belle vue sur ladite église, dont les chapelles latérales sont décorées jusqu'au plafond de statues baroques. Le couvent a connu une grande consommation de cèdre...

La salle capitulaire est également une merveille (snif, pas de photos...), entourée de statues polychromes : martyrs, saints, apôtres, Franciscains... c'est là que l'acte d'indépendance du Pérou a été signé en 1821.
Et enfin, le couvent est connu pour sa crype ("las catacumbas de San Francisco"). Au départ, seuls les moines étaient enterrés sous l'église ; puis à la suite d'une épidémie, les Franciscains ont acceptés des demandes d'ensevelissement (il n'y avait pas encore de cimetière à Lima), de sorte qu'on y trouve de 10 à 15 000 squelettes. La plupart étaient allongés les uns sur les autres, séparés par de simples draps ; puis les ossements ont été ordonnés et un peu rangés au milieu du XXe. On trouve également cet ensemble très artistique, qui vous fera comprendre pourquoi je tenais tant à prendre des photos...

dimanche 2 septembre 2007

Le désert... à Pachacamac

"Oh Pachacamac, puissant astre du jour..."
Pachacamac, dieu créateur des peuples de la Côte, était vénéré dans le sanctuaire du même nom, où l'on rendait l'oracle. Son courroux provoquait les tremblements de terre. Il était frère du Soleil, et les prêtres de Pachacamac eux-même n'osaient le regarder en face. Le Totem de Pachacamac est un bâton de bois sculpté, au sommet duquel le dieu présente ses deux visages (on ne voit ici que le premier, le deuxième étant de l'autre côté).

Le site de Pachacamac, situé sur la côte, à 31km de Lima par la Panaméricaine nord, s'étend sur plus de 500 hectares de désert. La côte péruvienne, hormis ses vallées, est désertique, et l'on y trouve d'énormes dunes de sable... Des ruines, du sable et quelques pans de murs qui en émergent... il faut beaucoup d'imagination, à Pachacamac...
Le site lui-même est très ancien ; son histoire commence avec la culture Lima (200 - 600 après J.C.), puis les Huari intègrent le sanctuaire et amplifient son activité (600-900). Ensuite, il est intégré à la culture Yschma (900-1450), et se construisent seize "pyramides avec rampe" comme celle-ci ; on suppose que le Curaca, le gouverneur de ces pyramides, s'y faisait enterrer.


Le sanctuaire s'agrandit considérablement lorsque vers 1450, les Incas en prennent possession. Ils édifient un Temple du Soleil, pyramide à six degrés, qui domine le site.
Ils construisent également un Acclawasi, ou "demeure des femmes choisies" (il en existe également au Machu Picchu et dans d'autres sites Incas): des femmes y étaient éduquées pour le service de l'Inca, et pouvaient éventuellement être offertes à un chef. L'Acclawasi a été restaurée par Julio Tello en 1940-1944.

Le frère de Francisco Pizarro, Hernando, vint en 1533, de Cajamarca, réclamer des métaux précieux pour la libération de l'empereur Atahualpa. Les Espagnols brûlèrent le sanctuaire qui péréclita.
Les premières fouilles archéologiques du site furent réalisée en 1898 par l'allemand Max Uhle, comme le rappelle une stèle en sa mémoire. Par ailleurs, comme c'est l'hiver au Pérou... un hiver très froid... que j'ai les yeux bleus... que j'aime bien les lamas... et que "je suis seul dans une ville inconnue*"... zut, je n'ai plus d'excuses pour vous expliquer que je me suis acheté un pull.
* Vous aurez reconnu Le diable s'habille en Prada!