vendredi 31 août 2007

Viva Santa Rosa de Lima !

Sainte Rose de Lima, première sainte des Amériques, est la patronne des Amériques et des Philippines, Patronne du Pérou, Patronne de Lima, Patronne de la Policia Nacional del Peru, Patronne de la PUCP. Sa fête, le 30 août, est fériée au Pérou.

La statue de Sainte Rose de Lima est portée en procession de la Cathédrale, où les autorités politiques, diplomatiques et militaires assistent à l'office, jusqu'au Sanctuaire de Santa Rosa, portée tour à tour par des cadets de la Policia Nacional et par la Confrérie des Chevaliers de Saint Martin Porres et Saint Jean Macias.
Arrivé en retard à la messe, j'ai pu cependant voir de près la sortie du cortège, mené par le Président Alan Garcia... puis je me suis retrouvé marchant entre la statue et la fanfare qui donnait le rythme aux porteurs! Vue exceptionnelle sur les troupes massées Plaza Mayor, foulant un sol décoré comme à la Fête-Dieu... que c'était beau !
En sortant de la Cathédrale, la procession la longe, passe devant le Palacio del Gobierno (résidence du Président de la République), s'arrête devant le siège de la Municipalité de Lima où elle reçoit des fleurs et l'hommage de la ville, continue un peu plus loin et reçoit l'hommage de la Policia Nacional (on entonne alors l'hymne à Santa Rosa puis l'hymne de la Policia Nacional), avant de quitter la Plaza Mayor pour rejoindre le Sanctuaire, avec d'autres étapes.
Plus de vingt personnes sont nécessaires pour porter la statue. Elles avancent pas à pas, au rythme lent de la musique, dans un curieux mouvement de balancier. C'est peu chétif : tous les vingt à cinquante mètres, les porteurs sont changés ; il y a alors un mouvement stratégique pour poser, puis soulever, la statue, au son du gong.
Découvrez tout cela dans cette longue vidéo (9 minutes) ! ! !



Viva Santa Rosa de Lima!
Viva!
Viva la Policia Nacional!
Viva!
Viva el Peru!
Viva ! !
Et pour clore cette pieuse journée, rien de mieux qu'une messe célébrée par le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat du Saint Siège, envoyé de Benoît XVI au Pérou après le tremblement de terre (et chaleureusement applaudi), dans l'Eglise de Santa Rosa ! J'espère que Louis sera jaloux.

Un dia en mi vida (4)

Un dernier article pour en finir avec cette série stupide, j'ai des choses bien plus importantes à vous raconter!

Après les cours, donc, je rentre à la maison, j'ai des lectures obligatoires dans pas mal de cours, des romans péruviens à lire également, des photos à trier, des voyages à préparer!

Le soir, on ne fait que réchauffer les assiettes préparées dans la matinée par Rossy. Car ici, on mange la même chose à midi et au dîner. Il y a en général une (grosse) assiette, dont la moitié est composée, neuf fois sur diz, de riz! On y échappe lorsqu'il y a des pâtes. Et encore.

Lorsqu'il y a des crudités, celles-ci s'ajoute dans le plat, et ne se prennent donc pas comme "entrée". Pour les longues soirées d'hiver que je passe en tissant -c'est très divertissant- une soupe où flottent maïs et patte de poulet réchauffe agréablement.

Ayant renoncé à la gelatina qui tient souvent lieu de dessert, je me contente d'une bonne tasse de maté de coca, le thé des Incas : délicieuse infusion aux feuilles de coca, qui favorise la digestion, lutte contre le soroche, le mal des montagnes, permet de supporter l'altitude, etc.

Allez hop, fini mes aventures qui ne passionnent que moi, je vais maintenant vous parler de Santa Rosa de Lima.
Addendum : comme l'on m'a fait remarquer le côté peu ragoûtant de l'assiette présentée ci-dessus, je vous en propose une autre : ajil de gallina, délicieux !

mardi 28 août 2007

Un dia en mi vida (3)

Une fois arrivé sur le campus, qu'y trouve-t-on?

Tout d'abord, le campus lui-même, qui comme je vous le disais, est fort grand. Jugez plutôt.
En haut à droite, la huaca dont je vous parlais ("quelque chose de sacré" en quechua ; ici, pyramide), qui fait partie du Jardin Zoologique d'à côté, le Parque de las Leyendas. Il y en a une autre de l'autre côté du campus.

Pour ma part, la quasi-totalité dong quasi-totalité dong quasi-totalité dong, bref, presque tous mes cours (ahh! la quasi-totalité!) ont lieu dans la faculté de Sciences Humaines. Exceptions : les cours pratiques d'Analyse des matériaux céramiques, qui ont lieu dans les labo d'archéologie (c'est plutôt marrant), et la salsa, que pour le plaisir je compte comme un cours, et qui a lieu du côté des salles de sport.
Voilà la vue depuis le 3ème étage du bâtiment de Sciences Humaines. Au loin, on aperçoit, juste avant l'entrée principale, le drapeau du Vatican qui côtoie ceux du Pérou et de l'Université. Normal, c'est une Pontificia Universidad Catolica.
Après d'âpres négociations avec Sciences Po et Ana Grigera (chargée de mission Amérique Latine), je suis les cours qui suivent :
  • Archéologie d'Amérique Centrale et du Nord ;
  • Archéologie Péruvienne (avec l'Allemand Peter Kaulicke)
  • Analyse de Matériaux Céramiques (avec le Péruvien Hugo Ikehara Ksukuyama) ;
  • Histoire du Pérou XVI-XVIIe siècle ;
  • Histoire Médiévale.
Et Salsa, bien sûr. Ce qui me fait quelques journées bien remplies (Lundi, de 8h à 20h15)... ou pas (jeudi, de 10 à 12 ; vendredi, rien). Mais comme il y a plein de lectures obligatoires, plein de choses à apprendre, et tant d'autres à vous raconter, pas le temps de s'ennuyer !

dimanche 26 août 2007

Un dia en mi vida (2)

Du lundi au jeudi (héhéhé, pas de cours le vendredi), dès potron-minet, je prend le chemin de la Católica, comme l'on appelle ici la Pontificia Universidad Católica del Perú. On peut y aller à pied, ou bien prendre un combi ou un micro, ces petits bus qui remontent "todo Universitariaaa la Católica la Catóóóólicaaa". 50 centimes, no mas.

17 000 étudiants étudient à la Católica : pour assurer la sécurité sur le passage piéton, un agent à sifflet a donc été opportunément placé dans sa petite guérite. Malheureusement, et contrairement à de nombreuses autres, celle-ci n'est pas décorée du logo Inca Kola, la boisson nationale qui prend 42% des parts de marché des boissons gazeuses, contre 38% pour Coca-Cola, faisant du Pérou le seul pays au monde à se permettre cette résistance à l'impérialisme néo-colonialiste ultra-libéral.

Le campus est fort grand, écureuils et biches y gambadent en toute liberté dans les nombreux espaces verts et boisés où j'aime à entendre le blanc bruit de l'eau. Si, il y a des biches. Et de nombreux oiseaux. Il y a même une huaca, une pyramide de la civilisation Lima, attenante au campus.

L'université fête cette année ses 90 ans, elle s'est donc refaite une petite beauté pour l'occasion, a modernisé son logo (voyez ce subtil avant-après) et rénové moult bâtiments. Il y a un vrai "esprit" d'université, le nouveau logo se décline en tee-shirt, blousons, sacs, fournitures et j'en passe.

Les activités proposées sont nombreuses, les professeurs compétents, les retards fréquents, l'administration serviable, les étudiants aimables, les gens pas stressés, l'espagnol compréhensible : bref, tout va bien.

jeudi 23 août 2007

Un dia en mi vida (1)

Ouech Gros! Lach' T kom!

C'est par cet accueil chaleureux que j'introduis le numéro 1 d'une production tout de mon cru* : a day in my life. J'y exposerai mon ressenti, ma vie, mon ego, moi quoi. C'est bien à ça que sert un blog, non? (rassurez-vous je suis un peu ironique quand même).

Je vous passe le réveil (avec le décalage horaire, je me suis longtemps réveillé à 6h et couché à 21h...), la douche, pour arriver directement au desayuno. Le pitit déjeuner !

La table est bien sûr mise lorsque je met les pieds dessous. De gauche à droite, on y trouve :

¤ de la confiture de fraise, qui s'achète en sachet d'un kilo (?!), du "pain" qui ressemble plus aux pains au lait qu'à la française baguette, et se trouve en demi-douzaine de morceaux sous le beau tissus péruvien ;
¤ un verre de fruits exotiques pressés du matin. Ou de la veille, mais je n'exagère pas ;
¤ du fromage (mais pas trop le matin pour moi...) ;
¤ un bon bol de Nesquik (oui, ils ont le même) ;
¤ et cette crème qui tartine la rosquita que j'ai en mains, cela s'appelle du manjar blanco ; le guide du routard(R) traduit par "confiture de lait", je le définirais plutôt comme de la crème de marrons au lait et sans marrons. Délicieux.
Toute l'énergie pour une journée bien remplie !

La rue liménienne

La rue liménienne est agitée, bruyante, colorée. Beaucoup de taxis, de Coccinelles, de marques asiatiques (époque Fujimori), de bus.

Il y a toujours deux personnes qui travaillent dans un bus : le chauffeur, qui doit slalommer pour récupérer et déposer ses passagers (et quand on connaît le niveau de conduite, c'est peu chétif), et celui que j'appellerais le "rabatteur", qui peut être jeune ou vieux, homme ou femme, en pleine forme ou épuisé. Chaque fois qu'il voit quelqu'un sur le trottoir, il ouvre la porte -rentre ta tête, Grimmy!- pour annoncer avec plus ou moins de conviction les destinations (quartiers ou avenues), en agitant un écriteau jaune fluo, du style "Todo Universitaria" ou "Javier Prado - Aviacion". Les étapes sont indiquées sur la carosserie.
A la sortie de l'Université, celui annonce "La marina", à 0,50 sol (La marina cincuenta !)



D'après ce que j'ai cru comprendre, il s'arrête à certains points pour poinçonner un ticket qu'il remet ensuite aux contrôleurs disposés à intervalle réguliers pour vérifier que la ligne est bien desservie. Oui, car il y a des lignes, même s'il n'existe aucun plan général.


Une fois monté dans le bus, et malgré la liste fantaisiste des tarifs, on donne 1 sol au rabatteur qui fait office de contrôleur et distribue parfois des tickets. Ou 50 centimes pour une faible distance, et 1,20 sol le dimanche. La décoration intérieure est du goût du chauffeur, c'est-à-dire très souvent que le pare-brise avant est rempli de bondieuseries, d'icônes, le chapelet pend du rétroviseur à côté d'un pied de cactus déséché. Il y a aussi des autocollants "Yo quiero Dios", "Jesus contigo", des incitations à utiliser el cinturon de seguridad.

Comme le pays est assez pauvre, il existe une profession de "crucerista", que je traduis librement par "carrefourrier" : vendeur ambulant aux carrefours, proposant de tout : bonbons, sacs poubelle, porte-feuilles, coton-tiges, rouleaux de PQ... certains restent à une intersection, d'autres font un tour de la ville en passant de bus en bus. Les cruceristas seraient plus de 10 000 à Lima, il y a même eu une étude effectuée sur cette profession.



Mais les chauffeurs de taxis sont également très nombreux. Les taxis jaunes sont les plus officiels, les autres sont réputés être souvent des delincuentes. Pas de compteur : on négocie avant de monter, les prix sont en fonction de la distance entre les deux quartiers.

Le pays n'est pas encore normalisé ISO 9001 partout, ce qui lui donne donc un petit côté sympathique. Pour ma part, je suis fan.

On n'arrête pas le progrès

Bonne nouvelle de la semaine : j'ai découvert comment réaliser des panoramas géants. J'en profite pour exhumer toutes ces photos inutiles que j'ai l'habitude de prendre et voir ce que ça donne une fois monté. Je ne suis pas mécontent du résultat, alors je peux vous gratifier de quelques vues bretonnes. Demandez-les moi si vous ne pouvez pas les télécharger en bonne qualité.

Bien sûr, une fois que j'aurais un peu voyagé, vous aurez droit à des vues plus locales, et (mais oui) vous finirez par voir le Machu Picchu. Ou d'autres sites, puisque Sciences Po ayant retoqué mon projet de cours, je dis adieu à la Paléographie et diplomatique qui aurait pu devenir ma nouvelle passion (remplacée par Histoire médiévale), et en espérant que l'analyse des matériaux céramiques soit déplacé au mercredi, je serais alors en week-end le JEUDI MIDI.

A l'aventure, compagnon, je suis parti vers l'horizon...

Sinon, je suis l'heureux auteur de la page française de Wikipedia dédiée à Martin d'Azpilcueta. Je l'ai découvert lors du cours d'histoire péruvienne -le prof est génial- et wikipedia ne le connaissait pas en français, alors je m'y suis mis. C'est un dominicain du XVIe, de l'Ecole de Salamanque (ça me rappelle Histoire et Droit des Etats ça...), qui était entre autres théologien, juriste et économiste. Il s'est par exemple intéressé à la question, et c'est là que ça rejoint le cours d'histoire, de l'afflux de métaux précieux en Europe, qui a entraîné les premières inflations! Notre homme en a déduit que la surabondance d'or et l'augmentation de la demande contribuaient à la hausse des prix. D'où les prémices de la TQM !
La quoi? La théorie quantitative de la monnaie, qui veut que MV=PT (M étant la quantité de monnaie, V sa vitesse de circulation, P le niveau des prix et T le niveau de production). Si M augmente, alors P suit, si vous me suivez? Ah les réminiscences de DSK...

Le cours d'archéologie m'a appris un nouveau mot : épigone, du grec epigonos, descendant : désigne un penseur qui reprend les idées d'un courant (on pourrait ainsi parler des épigones français de Marx) ou, dans le contexte du cours, une civilisation sans traits propres (le post-Tihuanaco est en effet de l'horizon épigone). Et m'a fait découvrir Max Uhle et Julio Tello, dont j'ai également créé la fiche wikipedia. Rien de transcendant, mais ça m'aide à comprendre le cours.
En passant quelques heures sur Wikipedia pour retrouver des personnages évoqués en histoire, je suis tombé sur Alexandre VI, qui était Pape alors que Cristobal Colon revenait des Indes ; les Portugais dominaient jusqu'à alors la navigation, mais notre Alexandre en a profité pour publier quelques semaines après le retour du Gènois la bulle Inter Caetere, partageant les terres à découvrir entre Espagnols et Portuguais. Il est vrai qu'il était lui-même d'origine espagnole... Eh bien figurez-vous que ce personnage aux moeurs douteuses (dénonciations ici) fut accusé de Simonie. Bigre. Et ça fait mal?

La simonie désigne en fait "l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’une charge ecclésiastique", en référence à Simon Le Magicien :
"Lorsque Simon vit que le Saint Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l'argent, en disant: Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive le Saint Esprit. Mais Pierre lui dit: Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent". (Actes, VIII, 18-20).
Pour information, Simon the Magus est l'un des premiers noms que prend le héros du film The Saint (merci Melaine), et c'est le seul mage à être cité dans la Bible, comme nous le rappellait M. Delattre, professeur de grec ancien oral, en nous faisant réaliser des sorts d'envoûtement amoureux sur des figurines en pâte à modeler pendant les cours de civilisation...

Bref, un message bien fouilli aujourd'hui, ce qui signifie que tout va bien.

mercredi 22 août 2007

Livres

Au Pérou, malgré l'existence de quelques bons auteurs, et même un excellent puisqu'il s'agit de Mario Vargas LLosa, les livres sont bien souvent trop chers pour être répandus. Mais vous allez voir que le pays dispose d'ingénieuses ressources pour pallier cette cherté de la vie.

Imaginons que j'achète, aidé par Adela qui sait négocier, La hora azul de Cueto, finalement emporté pour 8 sols (2 €), neuf. Nous déambulons ensuite dans un marché aux livres, près de la Plaza Francia dont je vous parlerai bientôt. Que ne trouve-t-on sinon le même livre, cette fois au prix de 25 à 30 sols ?! L'interrogation me gagne. Les prix ne sont généralement pas affichés, il faut demander (puis négocier) ; un peu plus loin, où l'on vent encore le même, je demande :
"Por favor, cuanto cuesta este libro?
-Depende... el original o copia?
-Copia ?
-10 sols".
La voilà la réponse : la pirateria est tellement développée qu'ils en sont à copier les livres! De l'extérieur, aucune différence, de l'intérieur cela sent un peu le photocopillage artisanal, mais bon, comme ça rien à craindre. Un bon roman, voilà de quoi occuper les heures de bus qui m'attendent sur les chemins de la Venture (qui n'est, rappellons-le, que pour les durs)*.
Mme Piperaud (prof d'espagnol en 4ème et seconde, pour qui je voue une admiration sans bornes) m'avait donné une bibliographie péruvienne indicative. Je demande dans une librairie de la Plaza Francia à voir quelques titres péruviens, on me les présente TOUS. Je l'aime.
Le résultat de mes emplettes : négocié en gros, six livres pour 50 sols soit 12 euros ; auxquels on ajoute La contre-révolution, trouvé par hasard au milieu de vielleries françaises (tous les tubes de Joe Dassin et quelques classiques Hachette). Le dernier, c'est Le diable en campagne, récit par son fils de la campagne présidentielle de Mario Vargas LLosa (droite libérale) en 1990, finalement perdue face à Alberto Fujimori Fujimori. Très instructif politiquement parlant.

On peut y rajouter "El imperio socialista de los Incas", de Louis Baudin, un classique, français, sur l'organisation de l'empire inca, malheureusement indisponible en France et que j'ai retrouvé -en espagnol- en 3 exemplaires sur un autre marché. D'ailleurs, regardez donc ce qu'on peut trouver qui traine sur les étalages d'un marché aux livres de Lima, coincé entre les 36 tomes de l'histoire de la république péruvienne, "Mi lucha" du Señor Hitler et une thèse de géobiologie andine. Le rayonnement de la France dans le monde, vous dit-on...
Mais la plus grande majorité des livres sont des ouvrages d'épanouissement personnel, du genre "retrouvez la confiance en vous", "Trouvez la sérénité", "Comment améliorer votre potentiel ?", etc. Un peu psychiatrique, les étals..
(On dit étaux?)

vendredi 17 août 2007

Condominio Juan XXIII

Puisque je commençais à vous en parler avec le terremoto [cf article précédent], voici quelques précisions supplémentaires sur mon lieu de résidence ; je vous ai mis le nom des quartiers voisins.
Sur Google Earth, voici l'image qui apparaît lorsque vous cherchez "Lima". Chance, on me voit ! Je réside à San Miguel, quartier tranquille situé près du port du Callao (plus à l'ouest). L'université n'est qu'à un quart d'heure, vous pouvez d'ailleurs apercevoir le campus : c'est le grand rectangle au nord-ouest, le long de l'Avenue Universitaria. Pour ma part je suis un peu plus bas, de l'autre côté de l'Avenue La Marina.

Adela habite dans le condominio Juan XXIII, c'est une résidence privée, entourée de grilles, et qui dispose de son service de sécurité, comme apparemment la plupart des résidences. L'un des gardiens-portiers me gratifie d'ailleurs d'un amical salut "militaire" à chaque passage. Vous pouvez m'écrire :
François Rambaud
Prolongacion Ayacucho 815,
Torre E, Dpto 102,
San Miguel - LIMA - PEROU



Nous sommes au "primer piso", qui correspond au rez-de-chaussée. Il y a donc un décalage d'un étage dans le compte péruvien. J'ai une chambre, dont Rossie fait le lit et le ménage tous les jours :) Ah la belle vie. "Autrefois à Colomb-Béchar..."
Voici une présentation de l'appartement, vous pouvez voir que je ne suis pas trop mal logé, c'est très récent (trois ans je crois) et la résidence est très bien entretenue (par exemple, en ce moment il repeignent les carrelages extérieurs). Par contre, ils ne connaissent pas le chauffage.

dimanche 12 août 2007

Cerro San Cristobal

Le mont San Cristobal domine la ville de Lima. On y accède par une route très pentue qui traverse les quartiers pauvres de la ville, accrochés à la montagne. Le chauffeur demande d'ailleurs de fermer les fenêtres lors de la montée... S'il n'y avait cette garua (éternel brouillard liménien qui fit dire à Herman Merville, l'auteur de Moby Dick, que Lima était la ville la plus triste au monde...) la vue serait magnifique. Mais un agent de sécurité m'a assuré qu'à partir de Janvier-Février on pouvait voir la mer...


En haut du cerro San Cristobal, il y a une énorme croix qui domine la ville. On peut voir la plus vieille "Plaza de Toros" du pays, troisième plus vieille au monde (après deux espagnoles), construite en 1740 y pico. En redescendant, on passe aussi devant la plus petite église au monde, où seules 25 personnes peuvent tenir, prêtre compris. Qu'est-ce qu'on n'invente pas comme records...

Après un long tour dans le centre, nous passons par un marché local où un bonimenteur de foire (César Trujillo, "un peruano al puro estilo") vend sa méthode pour apprendre la salsa, sa produccion dividi, diez solecitos seulement (moins de 2 €!), qui permet au péruvien timide de savoir se comporter comme un varon, un homme, là on l'on danse la salsa. A en croire son succès, ce doit être une situation vécue par beaucoup : se retrouver dans une fête et ne pas oser inviter une fille de peur qu'elle ne refuse... On se croirait dans un sketch de Gad Elmaleh!

Congreso de la Republica

Adela qui n'avait pas pu m'accompagner avant-hier (syndicaliste, elle était à une réunion de négociation avec le patronat) s'est rattrapée en me faisant découvrir le centre de Lima. Avec, en prime, une opportune visite du Congreso (l'organe législatif péruvien). Le Pérou, après bien des changements de Constitution, a donc un système monocaméral, avec une assemblée de 120 congresistas, bien plus corrompus qu'en France. Le congreso a été construit au début du XXème par un architecte français, inspiré par l'Opéra de Paris (et, de fait, l'hémicyle ressemble à un théâtre). On note également la présence de "flores de lis"comme motif géographique, symbole de la France (si señora).
Vous pouvez voir au centre un bronze représentant la proclamation de l'indépendance du Pérou (28 juillet 1821), entouré de deux statues (La loi et la Justice), et, sur la gauche le portrait d'El Protector José de San Martin, sur la droite El Libertador Simon Bolivar . Le comptage des votes s'affiche sur écrans électroniques, chaque congresista ayant un ordinateur.
A côté du Congreso, se trouve le Musée de l'Inquisition. Mais on a beaucoup fantasmé sur les activités de l'Inquisition, qui était en définitive un tribunal plus clément que les juridictions civiles : procédure de plaider-coupable avec peines légères, refus des dénonciations anonymes, obligation de trois témoignages dignes de foi pour lancer une enquête... Les cas de tortures étaient réservés aux coupables (meurtres, bigamie, hérésie...) dénoncés mais qui refusaient d'avouer au terme de la procédure normale, sérieuse et longue.
Même pas drôle...
Dans l'après-midi, tour sur la Plaza Mayor, où se trouvent la Catedral de Lima, le Palacio de la Republica (où loge le président Alan Garcia), le siège de la Municipalité et de beaux monuments coloniaux. Chance, il y a aujourd'hui un défilé de danse traditionnelles! Pour ma part, je suis bien entouré.


samedi 11 août 2007

Museo Larco Herrera

Suivant les sages indications du routard, je hélai un taxi -oui, je roule en taxi- pour me rendre au musée Larco Herrera, réputé pour ses dizaines de milliers de vases, principalement des civilisations Mochica et Chimu. Eh oui, avant les Incas il y a eu bien des civilisations.
On y peut observer diverses sortes d'objets usuels ou religieux, des tissus en plumes, des broderies... Mais le plus intéressant reste la fabuleuse collection de céramiques. Alors que les Grecs ont connu la période des vases rouges à figures noires suivie des vases noirs à figures rouges, l'art précolombien nous a légué d'innombrables sortes de vases : à dominante sculpturale (Nord du Pérou) ou picturale (Sud) ou les deux (Région côtière), à traits oranges sur fond beige ou l'inverse, polychromes, anthropomorphes, avec anse courbée et goulet incliné -ou pas- chacune des dizaines de civilisations a son style propre !

Mais ce musée est surtout connu et intéressant pour... ses collections érotiques. On distingue des scènes réalistes (non simulées), humouristique (oh, un phallus géant) et moralisatrices (mettant en scène des morts).
Mam's qui souhaitait m'espionner peut être rassurée : je ne fais qu'étudier l'art céramique de civilisations précolombiennes. Voici par exemple quelques représentations animalières : vous pouvez observer trois couples de rongeurs, des singes, des lamas... (cliquez pour agrandir)

Voilà un exemple combinant la dimension moralisatrice (un squelette) et humouristique (admirez les mensurations). Quel humour, ces Mochicas. Imaginez la tête des archéologues découvrant, étudiant, classifiant et prononçant de sérieux colloques sur ces collections ! Y'en a qui doivent bien se marrer !

jeudi 9 août 2007

Atlanta - Lima

Avec 24 heures de retard... me voilà reparti pour Lima, Pérou. Déception cruelle en montant à bord : il n'y a pas d'écran privé, on est obligé de regarder le même film que les autres. Je discute plutôt avec mon péruvien de voisin, de retour au Pérou après deux ans aux States. Erder Ventura est membre de l'Eglise de Jésus-Christ et des Saints des Derniers Jours. Un mormon. Mais au moins, il discute et me permet d'approfondir mon espagnol. J'en profite pour lui demander quelques définitions de mots que je ne connais pas, dans "Lituma en los Andes" de Vargas LLosa (absents de mon dictionnaire trop petit). Il hésite, relit la phrase, bafouille... et n'est pas capable de me dire ce que c'est. Héhé! Me voilà rassuré sur mon niveau :P

L'aéroport International Jorge Chavez est situé à Callao (le port de Lima, où arrive le Pachacamac dans Le Temple de Soleil). Ambiance beaucoup plus accueillante et efficace qu'à Atlanta ! Après avoir récupéré mes bagages, je trouve dans la foule qui attend les arrivants une pancarte à mon nom. Ca fait plaisir ! Gonzalo est venu me chercher. Il me ramène à Lima dans sa Ford Fiesta, chez sa mama, Adela. On discute jusqu'à 2h du matin (soit 3h d'Atlanta, ou 8h de Paris) : conseils de sécurité, recommandations, modus vivendi...

Nous sommes le 8 août (enfin, le 9) et je suis au Pérou. Où je me débrouille pas si mal en espagnol. Ca commence bien!

mercredi 8 août 2007

Paris-Atlanta

Dommage que je n'aie pas eu l'appareil photo sous la main!
Très bon vol, très agréable : écran numérique pour chaque siège avec films et jeux à la demande! J'ai pu me regarder Hot Fuzz et Le cycliste écossais en espagnol, ainsi que 300 en anglais.
Arrivée à Atlanta à... 15h20, malgré les 9h50 de vol : merci le décalage horaire ! Et hop on gagne du temps... que l'on peut aussitôt perdre dans les files d'attente pour le contrôle des passeports. Et tout ça pour déclarer que "je ne m'aprête pas à commettre d'actions criminelles sur le territoire des Etats-Unis", "je ne suis pas un criminel de guerre", ni un génocidaire, ni un nazi. Les concepteurs de l'aéroport ont "oublié" de séparer les entrants aux States et les voyageurs en transit, ces derniers doivent donc, malgré une correspondance à 17h25, se voir infliger deux ou trois heures de poireautage. Que peut-on faire face au HomeLand Security? Je vous le demande!

On rate donc son vol (reporté de 24h, pas bien grave) et on dort à l'hôtel à Atlanta! Un p'tit hôtel qui a un partenariat avec Delta Airlines (ils doivent avoir l'habitude). Je suis avec un certain Mathieu qui est dans la même situation que moi (sauf que lui devait être à Arequipa le lendemain...), et un groupe d'Italiens que nous retrouverons dans l'avion.

Pour aller à l'hôtel, on a le droit à des navettes au départ de l'aéroport... imaginez un avant de pick-up, un arrière de mini-bus, une porte de bus sur le côté, et une taille limousine entre tout ça... ça vous donne une idée des engins ! Atlanta restera pour moi une ville de grrrands parkings, d'autoroutes et de 4x4 ! Avec 35 degrés Celcius à l'ombre...

François