lundi 8 octobre 2007

Jean Raspail et le Pérou

A signaler tout d'abord, le fait que Jean Raspail, qui se bat en duel dans le triumvirat de mon panthéon d'écrivains préférés, n'est pas étranger au Pérou : en 1954, il y a réalisé une série de reportages avec l'équipe Marquette, et écrit un livre sur le pays des Incas.



Ensuite, il a écrit une nouvelle magnifique, qui se trouve dans le recueil "Le son des tambours sur la neige", avec pour titres "Les Hussards de Katlinka". Dans les neiges de l'hiver 1941/42, la 638ème compagnie de la Légion des Volontaires Français découvre un village, au sud de Smolensk, par où était passé un régiment de hussards de la Grande Armée, lors de la retraite de 1812. Et l'on retrouve dans les neiges de Russie la permanence des soldats, de la langue et des prénoms français, fidélité absurde et magnifique.

De même, dans la catolica, il y a une certaine Ydalia. Une fille assez grande, blonde aux cheveux légèrement frisés, bouille ronde, yeux clairs : bref, une Allemande. Sauf qu'elle est née ici. Et que ses parents sont aussi de Cajamarca. Ses grands-parents également... Je ne sais pas ce qu'ils ont conservé d'Allemagne, peut-être même pas la langue, mais elle la porte en elle. On n'efface pas si facilement un pays de son être...

Un dernier mot de Raspail, qui, à la fin de Moi, Antoine de Tounens, Roi de Patagonie, écrit :

Ce royaume-là est éternel. Par les temps qui courent et par les temps qui viennent, je tiens désormais pour honneur de me déclarer patagon. Du cimetière de Tourtoirac, en Dordogne, où Antoine de Tounens a transporté son gouvernement et siège jusqu'à la fin des temps, j'ai reçu mes lettres de créance, moi, Jean Raspail, consul général de Patagonie...

Le Consul Général du Royaume d'Araucanie et de Patagonie m'a répondu. Il m'a fait Patagon.
La Patagonie, c'est ailleurs, c'est autre chose, c'est un coin d'âme caché, un coin de cœur inexprimé. Ce peut être un rêve, un regret, un pied de nez. Ce peut être un refuge secret, une seconde patrie pour les mauvais jours, un sourire, une insolence. Un jeu aussi. Un refus de conformité. Sous le sceptre brisé de Sa Majesté, il existe mille raisons de prêter hommage, et c'est ainsi qu'il y a plus de Patagons qu'on ne croit, et tant d'autres qui s'ignorent encore.

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