Posted by Francois Rambaud







"Le site archéologique de Caral-Supe qui s’étend sur 626 ha est situé sur un plateau désertique aride en surplomb de la verdoyante vallée de Supe. Il date de la période archaïque tardive des Andes centrales, il y a 5 000 ans, et il s’agit de la plus vieille cité de ce type aux Amériques. C’est un site impressionnant en termes de conception et de complexité de ses éléments architecturaux et spatiaux, notamment de ses monumentales plateformes de pierre et de terre et de ses cours circulaires creuses. Caral, qui n’est qu’un des 18 établissements urbains de la zone, est particulièrement bien préservé. On y trouve une architecture complexe et monumentale, notamment six grandes structures pyramidales. Un quipu (une corde à laquelle plusieurs autres cordelettes nouées étaient attachées, servant à enregistrer et transmettre des informations dans les Andes) retrouvé sur place témoigne du développement et de la complexité de la civilisation de Caral. Le plan de la ville et certaines de ses composantes, notamment les structures pyramidales et le groupe résidentiel de l’élite, témoignent de fonctions cérémonielles, traduisant la puissance de ce que l’on pourrait qualifier d’idéologie religieuse. Le site doit sa remarquable conservation à son abandon précoce et à sa découverte tardive."
C'est un film d'après-guerre, une après-guerre qui n'en finit pas dans le Pérou d'aujourd'hui. Presque vingt ans après la défaite des guérilleros maoïstes du Sentier lumineux, les victimes (insurgés comme forces de l'ordre) souffrent encore.
L'un des visages de cette souffrance s'appelle Fausta, dont on va suivre le parcours, et qui donne son titre au film en France. Le titre original est La teta asustada : le sein effrayé. Car, en nourrissant leur enfant, les femmes violées par les combattants lui transmettaient leur souffrance, le maintenaient à l'écart du bonheur.
Tout ça, on le comprend très clairement dès la première séquence de ce beau film, le second de la cinéaste péruvienne Claudia Llosa, couronné de l'Ours d'or lors du dernier Festival de Berlin.
On entend, puis l'on voit une vieille femme alitée qui chante une complainte. La langue est indéchiffrable à nos oreilles, c'est du quechua, la langue des Incas. Les sous-titres nous disent la terrible histoire de la mourante, violée alors qu'elle portait l'enfant de son mari, assassiné sous ses yeux.
C'est la mère de Fausta, une jeune femme d'une beauté quasi extraterrestre. Emportée par la souffrance, la malheureuse laisse Fausta seule au sein d'un clan qui a fui son village pour s'installer dans un quartier précaire de la périphérie de Lima. L'oncle de Fausta, patriarche - bienveillant - de la famille, s'apprête à marier sa fille et demande à l'orpheline de pourvoir aux funérailles de sa mère.
La jeune femme est forcée de sortir de son isolement et trouve du travail comme domestique chez une pianiste qui habite les beaux quartiers. Le film suit alors un double mouvement : le deuil de la mère disparue, le retour de la fille dans le monde des vivants.
Dès son premier film, Madeinusa, Claudia Llosa jonglait entre la brutalité et la rêverie, l'horreur et la sensualité, d'une façon si clairement apparentée au réalisme magique des grands auteurs hispano-américains qu'on ne pouvait être surpris d'apprendre que la jeune cinéaste est apparentée à l'écrivain et homme politiqueMario Vargas Llosa.
Fausta se joue en partie sur ce registre. Pendant tout le film, le corps de la mère attend - quasi incorruptible - que sa fille ait trouvé les ressources pour le mener à sa dernière demeure. Cette présence muette et funèbre fait comme un bourdonnement sombre qui tend toute l'histoire. Mais celle-ci passe par des humeurs très variées. Au contact de la musique que joue sa patronne, Fausta retrouve les mélodies que lui chantait sa mère, en invente de nouvelles. Une intrigue secondaire - qui n'est pas l'élément le plus réussi du film - montre comment sa blonde maîtresse se sert sans scrupule du patrimoine ancestral, en une métaphore un peu trop transparente.
UN PHYSIQUE EXCEPTIONNEL
L'important est ailleurs, dans la métamorphose inexorable, aux étapes presque imperceptibles, de la jeune fille élevée au lait de la peur. Magaly Solier est une actrice au physique exceptionnel, mais celui-ci ne l'est pas assez pour distraire de son travail. Elle fait passer en Fausta des émotions aux nuances très fines. A travers la croûte de peur qui l'enveloppe depuis longtemps, on voit poindre l'amusement, la colère, l'espoir.
En contrepoint, Claudia Llosa chronique les préparatifs de la noce qui préoccupe tant l'oncle de Fausta. La réalisatrice donne une image très stylisée, souvent burlesque, de la vie quotidienne dans un quartier populaire de Lima. L'agitation, qui ressemble à celle qui fait grouiller un bidonville de Lagos ou de Lahore, se détache sur fond de montagnes écrasantes, sur une terre brune sans végétation.
On sent parfois que le cadre de l'image, l'organisation des mouvements des personnages frise la dérision. Mais, toujours, le film se reprend, et penche du côté du respect, pour régler son pas sur celui de Fausta.

L'Express YURIMAGUAS, Pérou - Une cinquantaine de personnes ont péri depuis vendredi dans des affrontements entre la police péruvienne et des tribus de l'Amazonie opposées à l'octroi de concessions à des compagnies minières étrangères dans la forêt équatoriale du nord du Pérou. Manifestants et policiers face à face dans la province amazonienne de Bagua, dans le nord du Pérou. Une cinquantaine de personnes ont péri depuis vendredi dans des affrontements entre la police péruvienne et des tribus de l'Amazonie opposées à l'octroi de concessions à des compagnies minières étrangères dans la forêt équatoriale du nord du pays. (Reuters/Thomas Quirynen) Les protestataires disent avoir perdu 30 des leurs dans ces affrontements, tandis que le gouvernement fait état de 22 membres des forces de sécurité tués en deux journées de heurts. Face à ce bain de sang, des voix nombreuses se sont élevées pour réclamer la démission du Premier ministre, Yehude Simon. Ces violences, qui représentent la plus grave crise depuis l'arrivée au pouvoir du président Alan Garcia, soulignent les tensions entre les élites de Lima et le monde rural pauvre. Elles risquent de faire échouer les efforts du gouvernement pour ouvrir davantage le Pérou - en l'occurrence le secteur minier - aux investisseurs étrangers. Le président Garcia s'en est pris aux protestataires, les accusant d'avoir attaqué leur propre pays, d'avoir agi comme des terroristes, et il a laissé entendre qu'ils y avaient peut-être été incités par des étrangers. Garcia, qui passe pour un critique acerbe des régimes de gauche d'Amérique latine, n'a pas voulu en dire plus. L'armée a imposé des couvre-feux, mais les milliers d'Indiens révoltés, armés de lances de bois, ont juré de maintenir leurs barrages routiers dans l'Amazonie si le gouvernement ne renonce pas à vouloir briser leur mouvement. "Nous luttons parce que nous craignons que l'on nous dépossède de nos terres", a expliqué un manifestant de 38 ans à l'un des barrages routiers. Une dizaine de policiers enlevés par les manifestants ont été tués et une vingtaine d'autres ont été libérés lors de l'intervention de l'armée pour mettre fin à cette prise d'otages, a déclaré samedi à la station de radio RPP le chef de la police nationale Miguel Hidalgo. Plusieurs otages sont portés manquants. Des milliers d'Amérindiens s'emploient depuis avril à bloquer routes et voies d'eau pour obtenir l'abrogation d'une série de lois adoptées l'an dernier pour encourager des compagnies étrangères à investir en Amazonie. Imputant les violences aux manifestants, le président Garcia a estimé que le moment était venu de mettre fin aux blocages des routes, des rivières et des installations énergétiques. Simon, ancien militant de gauche auquel Alan Garcia a fait appel voici un an pour tenter d'éviter des troubles sociaux dans le pays, n'a de son côté pas réussi à négocier l'arrêt des blocus en cours.

C'est un reportage qui replonge le Pérou dans une période sombre de son histoire : celle du Sentier lumineux et d'un conflit qui fit 70.000 morts et disparus, entre 1980 et 2000. Sur des images diffusées dimanche par la chaîne Frecuencia Latina, au moins 17 jeunes garçons se présentent en bons petits soldats de cette guérilla maoïste, ou du moins ce qu'il en reste. Âgés de 10 à 13 ans environ, ces jeunes guérilleros apparaissent en pleine formation militaire, dans la jungle amazonienne. Vêtus de sorte d'uniformes, ils scandent, le poing levé, «Vive le marxisme-léninisme, vive le maoïsme, pour la révolution prolétaire socialiste mondiale !» (à la fin de la vidéo) On les voit également manipuler des fusils mitrailleurs, vraisemblablement volés à l'armée péruvienne lors d'embuscades passées. On ignore les conditions dans lesquelles ces enfants ont été recrutés. Le reportage dévoile également pour la première fois le visage de Victor Quispe Palomino, alias «camarade José», un survivant des dirigeants de la guérilla, lors du conflit qui l'a opposée aux régimes péruviens successifs, ces 20 dernières années. Sur ces images, «camarade José» affirme que son organisation est une «nouvelle phase» du parti, sans lien avec le Sentier d'Abimael Guzman, son chef historique emprisonné depuis 1992. Des enfants forcés à achever des soldats «José», la cinquantaine, est aussi considéré comme le cerveau de la double embuscade qui a coûté la vie à 15 militaires en avril dernier, à Senabamba, à quelque 600 km de la capitale péruvienne, Lima. Cette attaque passe pour être la plus meurtrière du Sentier lumineux depuis 10 ans. Ce reportage confirme d'ailleurs les récits des soldats rescapés de cette embuscade, qui avaient fait état de femmes et d'enfants en armes parmi les assaillants. Selon eux, des femmes forçaient notamment ces enfants à achever des militaires blessés. Après la diffusion de ces images, dimanche soir, la Coordination nationale des droits de l'homme du Pérou a fait savoir qu'elle allait informer les Nations unies de l'existence de ces enfants soldats enrôlés. L'Association des droits de l'homme (Aprodeh) a de son côté enjoint l'Etat de «récupérer et réhabiliter ces enfants sans les stigmatiser, car ils ne sont pas responsables, mais victimes d'enrôlement forcé et d'endoctrinement». Le premier ministre péruvien, Yehude Simon, a répondu en dénonçant le fait que les «senderistes» utilisent des enfants pour abattre des soldats. Et d'ajouter : «il faut nous réveiller et nous rendre compte que le Sentier lumineux n'est pas vaincu et qu'il est toujours là».
VIDÉO - Dans un reportage de la télévision péruvienne, de jeunes garçons, recrutés par cette guérilla maoïste diminuée, apparaissent armés, en train de scander des slogans à la gloire de la «révolution prolétaire socialiste mondiale».
Selon l'agence EFE, les restes du Sentier lumineux opèrent principalement dans la vallée des rivières Apurimac et Ene, au centre et au sud-est du pays, une zone considérée comme hors de contrôle et dédiée à la culture de la coca.
"Le Japon a lancé mercredi un programme d'aide au retour pour des immigrés, notamment brésiliens et péruviens, venus dans l'archipel ces deux dernières décennies au nom de leurs "racines japonaises" mais privés d'emplois par la crise économique. Le ministère du Travail a annoncé qu'il allait verser 300.000 yens (2.300 euros) à chaque adulte et 200.000 yens pour chaque personne à charge.
La récession brutale qui s'est abattue sur le Japon frappe particulièrement les industries automobiles et électroniques, grandes employeuses de main d'oeuvre immigrée peu qualifiée et souvent sous contrats temporaires. Entre novembre et janvier, quelque 9.300 immigrés se sont inscrits auprès des services de placement des chômeurs, soit onze fois plus que l'année précédente, a souligné le ministère.
Ceux qui demanderont la prime au retour ne pourront toutefois plus jamais travailler au Japon, a-t-il prévenu.
Conséquence de la crise économique, le taux de chômage au Japon est passé à 4,4% de la population active en février, contre 4,1% en janvier. La plupart des économistes prédisent que le taux de chômage dépassera les 5% dans le courant de l'année, voire battra le record de 5,5% de 2002 et 2003.
Les autorités ont donc décidé d'inciter certains immigrés chômeurs à rentrer dans leur pays d'origine, une politique en contradiction apparente avec la volonté du gouvernement de faire venir à moyen terme davantage de main d'oeuvre étrangère, afin de compenser le vieillissement de la population japonaise.
Les immigrés brésiliens, environ 300.000 en 2006, représentent la troisième communauté étrangère au Japon et les Péruviens, quelque 60 000 en 2006, la cinquième.
Ces populations ont été encouragées à venir par les autorités nippones dans les années 90, dans le cadre de l'ouverture du pays à une immigration "d'origine japonaise". Ces immigrés sont en effet eux-mêmes des descendants d'émigrés japonais, partis s'installer au Brésil et au Pérou au début du XXe siècle".
Dans l'autre sens, le plus connu des Péruviens d'origine japonaise est l'ancien président Alberto Fujimori Fujimori (1990-2000), né à Lima de parents japonais. Après sa démission, il s'était réfugié un temps au Japon, où il avait été candidat -malheureux- aux élections sénatoriales de 2007. Il est actuellement jugé pour plusieurs affaires, et la plaidoirie finale est pour très bientôt, comme le rappelle cet article tout frais du Monde.

La teta asustada, c'est l'histoire d'une femme atteinte de ce mal, qui veut donner un enterrement digne à sa mère qui vient de mourir. Un film sur la douleur et la souffrance des femmes andines, "un film contre l'impunité", selon sa réalisatrice, mais tout en retenue.
Cette récompense change la donne du cinéma péruvien, qui, contrairement à l'Argentine ou au Brésil, est très peu développé... Si certains connaissent le désespérant "Chicha tu madre", présenté comme le film ayant fait le plus d'entrées au Pérou, ils mesurent le travail à faire. Le Président Alan Garcia a chaleureusement félicité la jeune réalisatrice et reconnu l'importance du cinéma pour la visibilité internationale du Pérou. Il y a des chances que cela soit suivi de réfomes du Conacine, le Conseil National de la Cinématographie, pour augmenter les aides publiques à la réalisation. La loi prévoit 7 millions de sols (un peu plus de 1,5 millions d'euros) d'aides publiques, mais le gouvernement n'en accorde que la moitié... situation qui devrait changer bientôt !
En cherchant bien, j'ai retrouvé dans le Mur Breton une céramique Nazca un peu cachée, et je me demande si sur la seconde photo, la statuette grise de gauche, à tête trapézoïdale, ne serait pas Chancay elle aussi.
"Le Mur Breton, reconstitué lors de la réouverture du Musée d'art moderne, rassemble plus de deux cents objets tels qu'ils étaient disposés à la mort d'André Breton dans la seconde pièce de son atelier, au 42 rue Fontaine où il vivait et travaillait depuis 1922. Cet étalage réunis toutes les catégories désignées pour L'Exposition surréaliste d'objets de 1936 : toiles et objets surréalistes (LHOOQ de Picabia, Tête de Miro, Picasso, Arp, nature morte du Douanier Rousseau, Giacometti, Boite en valise de Duchamp), objets naturels (racines, pierres), objets trouvés, objets interprétés, objets populaires, objets magiques (boule de voyante), objets sauvages ou primitifs, fétiches et masques précolombiens, africains et océaniens. Le Mur, work in progress, est un assemblage d'objets savamment placés selon des critères signifiants, reposant sur des lignes de force destinées à dialoguer entre elles".
Je viens de finir, ce matin, El Huerto de mi amada, livre d'Alfredo Bryce Echenique qui avait obtenu le prix Planeta en 2002 (le deuxième prix littéraire le plus doté au monde après le Nobel : 600 000 €).